DELACROIX (1798-1863) (exposition)

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Renouvellements et contrastes

Les travaux menés depuis la fin des années 1960 ont affiné notre connaissance d’une production où l’on dénombre aujourd’hui plus de huit cents peintures, des milliers de dessins et aquarelles, plus d’une centaine de lithographies, une trentaine de gravures, et bien sûr des écrits biographiques et critiques dont le Journal de l’artiste. Si la chronologie de l’œuvre paraît à peu près maîtrisée, ce sont les clés d’interprétation des séquences de la carrière de Delacroix qui méritaient d’être revisitées : la rupture avec le néoclassicisme qui fait de lui le chef de file du romantisme en peinture, puis les articulations avec les historicismes (du courant troubadour à la montée de l’art académique), le réalisme, enfin l’éclectisme du second Empire. La découverte de la peinture anglaise et de l’aquarelle, de la lithographie puis de la photographie ont évidemment marqué cette création.

Ce sont ces étapes et ces composantes que les commissaires de l’exposition, Sébastien Allard et Côme Fabre, se sont attachés à analyser et à mettre en lumière dans un parcours il est vrai contraint par les espaces sous la Pyramide, peu adaptés aux grands formats, et par la nature même des grands tableaux et décors réalisés par Delacroix qu’il faut aller chercher ailleurs au Louvre, au Luxembourg, au palais Bourbon, à l’église Saint-Sulpice... C’est ainsi que les toiles maîtresses du Louvre La Mort de Sardanapale (1827) et Prise de Constantinople par les croisés (1840) étaient restées dans la salle Mollien, où les avaient rejointes Le Christ au jardin des Oliviers de l’église Saint-Paul-Saint-Louis, fraîchement restauré. D’autres œuvres encore étaient présentes dans les salles de l’aile Sully, comme la Bataille de Poitiers (1830).

« La gloire, écrivait Delacroix, n’est pas un vain mot pour moi » (1824). Cet aveu devait servir de devise au premier acte de l’exposition, les années 1822 à 1834, où l’artiste confronte sa vision à la critique et à l’opinion publique dans l’arène des Salons [...]

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Robert FOHR, « DELACROIX (1798-1863) (exposition) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 28 janvier 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/delacroix-1798-1863-exposition/