DÉCROISSANCE (CRITIQUE DE LA)

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David Ricardo

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Thomas Malthus

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Les trois sources de la décroissance

L'économie politique pessimiste sur l'avenir du capitalisme

Dès sa naissance, l'économie politique avait attiré l'attention sur le risque d'« état stationnaire » qui guettait le capitalisme. En particulier, Ricardo pronostiquait que, en raison de la diminution des rendements agricoles consécutive à la mise en culture de terres de moins en moins fertiles pour répondre aux besoins d'une population croissante, les rentes versées aux propriétaires fonciers augmenteraient, les prix agricoles et les salaires ouvriers également, et les profits capitalistes seraient finalement entraînés à la baisse : les capacités d'investissement se raréfiant, le capitalisme était condamné à l'état stationnaire.

David Ricardo

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David Ricardo (1772-1823). Économiste anglais, éminent représentant de l'école classique, auteur des Principes de l'économie politique et de l'impôt (1817). Son adhésion au principe de population de Robert Malthus et son analyse du salaire naturel (salaire de subsistance des travailleurs)... 

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Malthus aboutit à une conclusion identique, en partie pour la même raison que Ricardo, mais, loin de représenter une menace, la limite qu'engendre la hausse de la rente est salutaire car un frein est mis à la tendance à la croissance démographique exponentielle. De plus, selon lui, l'insuffisance de la demande de consommation et d'investissement, à cause de la concentration de la richesse et du manque de débouchés, condamne à long terme la croissance économique.

Thomas Malthus

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Après avoir publié, en 1798, son Essai sur le principe de population, le pasteur anglican allait bientôt faire place au professeur d'économie politique qui devait donner son nom à une doctrine des plus célèbres, et des plus controversées aussi, le malthusianisme. 

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Seul John Stuart Mill se réjouit d'une telle perspective. De façon prémonitoire, il dissocie le progrès humain de la croissance économique, fustige le développement illimité de l'agriculture et assigne à l'industrie l'objectif de diminuer le temps de travail. Réduire le temps de travail est l'un des enjeux les plus directs de la lutte des classes depuis l'aube du capitalisme industriel. Et c'est aussi, jusqu'à nos jours, l'une des pommes de discorde, d'une part, entre les keynésiens se référant au Keynes des Perspectives économiques pour nos petits-enfants pronostiquant en 1930 une semaine de 15 heures de travail et ceux plus enclins à se contenter du Keynes régulateur de la Théorie générale de 1936, et, d'autre part, au sein de l'écologie politique moderne, partagée [...]

John Stuart Mill

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L'Anglais John Stuart Mill (1806-1873) en compagnie de sa belle-fille. Philosophe et économiste, il associait la pensée libérale à une certaine attirance pour le socialisme utopique de l'époque. 

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Écrit par :

  • : maître de conférences d'économie à l'université de Bordeaux-VI, président de l'association Attac France

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Jean-Marie HARRIBEY, « DÉCROISSANCE (CRITIQUE DE LA) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 03 décembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/decroissance-critique-de-la/