DE LA GRAMMATOLOGIE, Jacques DerridaFiche de lecture

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Le supplément d’origine

Comme semble l’indiquer son titre, on lira d’abord dans De la grammatologie les prémisses d’un traité de l’écriture. S’y dessine un projet certes philosophique mais aussi culturel, et clairement politique ; il s’agit, dans le contexte particulier de la fin des années 1960, de mettre en question le structuralisme et son modèle linguistique porteur d’une philosophie implicite. L’« avertissement » et l’« exergue » du livre en précisent l’enjeu. De Platon à Husserl règne un modèle unique. L’écriture, pensée comme représentation de la parole vive, s’y révèle prisonnière d’un cortège d’oppositions et de présupposés implicites qui fondent la métaphysique occidentale : dehors/dedans, essence/apparence, originaire/dérivé, etc. Le projet apparent de Derrida va consister à réévaluer et élargir le concept d’écriture, à repenser le lien de soumission au sens, à la présence, à la conscience tel qu’il fut manifesté par toute cette tradition dite logo- ou phonocentrique qui, à travers la parole, affirme la proximité de la pensée à elle-même, là où l’écriture n’en serait jamais que la représentation « impure ».

La première partie du livre, « L’Écriture avant la lettre », dessine une matrice théorique. Elle interroge la logique qui, dans notre tradition de pensée, fait de l’écriture un « supplément » de la parole (J. J. Rousseau, Essai sur l’origine des langues, 1781). Elle construit, propose, justifie une chaîne de concepts critiques qui, tels la trace ou la différance, viennent affecter silencieusement la plénitude du signe. L’autre partie de l’ouvrage, « Nature, culture, écriture », circonscrit cette époque exemplaire, qui, de Rousseau à Claude Lévi-Strauss, s’ingénie précisément à réduire et à neutraliser l’espace de l’écriture. Elle montre combien la mise en œuvre de tels concepts conduit à une logique inouï [...]


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DERRIDA JACQUES (1930-2004)

  • Écrit par 
  • Catherine MALABOU
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Dans le chapitre « La présence en question »  : […] La dissémination est une opération réglée par la déconstruction, terme par lequel on désigne aujourd'hui communément la pensée de Derrida. Dans la « Lettre à un ami japonais » (in Psyché, inventions de l'autre ), Derrida évoque son apparition : « ... Je souhaitais traduire et adapter à mon propos les mots heideggériens de Destruktion et d' Abbau . Tous les deux signifiaient dans ce contexte une o […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/jacques-derrida/#i_31841

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Pour citer l’article

Didier CAHEN, « DE LA GRAMMATOLOGIE, Jacques Derrida - Fiche de lecture », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 24 janvier 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/de-la-grammatologie/