GROSSMAN DAVID (1954- )

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Construire et se reconstruire

Un recueil de nouvelles intitulé Courir (1983, inédit en français) constitue son premier ouvrage destiné à un public adulte. Dans leur variété thématique, ces récits se caractérisent déjà par une analyse approfondie des états d’âme extrêmes des personnages, un soin particulier apporté aux sentiments dans toutes leurs nuances, ainsi qu’un intérêt constant pour les rapports intimes entre l’homme et son propre corps et entre les personnages eux-mêmes. Cette même année 1983 paraît le premier roman de David Grossman, Le Sourire de l’agneau. Dans un récit très dense s’entrelacent des vies individuelles et une situation politique où la question des rapports entre l’occupation israélienne et les Arabes de Cisjordanie est centrale. L’un des motifs les plus importants du roman est le lien d’amitié qui unit Ouri, un Israélien bienveillant qui tente de défendre leurs droits, et Hilmi, un vieil Arabe un peu fou qui vit dans un monde de légendes. Grossman tente d’aller au-delà des oppositions nationalistes et de briser la représentation stéréotypée du personnage arabe dans la littérature hébraïque.

Avec Voir ci-dessous : amour (1986), l’écrivain se lance un défi littéraire autrement plus complexe puisqu’il s’agit d’affronter la Shoah. Ce roman a connu un énorme retentissement et a consacré Grossman comme l’écrivain israélien le plus important de sa génération. L’ouvrage est divisé en quatre parties dont chacune est rédigée selon un code poétique différent. La première partie, entre réalisme et grotesque, est rédigée selon le point de vue de Momik, un garçon de neuf ans, dont les parents sont rescapés de la Shoah. Grossman décrit son enfance à Jérusalem dans les années 1950. Momik tente désespérément de déchiffrer les secrets de la Shoah que les adultes, des rescapés brisés par la guerre, tiennent soigneusement cachés. Parmi eux, son grand-oncle, l’écrivain pour la jeunesse Anshel Wasserman. Ce premier récit sert de fondement aux trois autres parties, chacune figurant une expérience littéraire en soi. Dans la deuxième partie, dont Momik (Shlomo Neuman [...]


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Écrit par :

  • : maître de conférences habilitée en littérature hébraïque moderne et contemporaine à l'université de Paris-III-Sorbonne nouvelle

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Pour citer l’article

Michèle TAUBER, « GROSSMAN DAVID (1954- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 11 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/david-grossman/