CRONENBERG DAVID (1943- )

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Le corps en mutation

C'est la découverte du cinéma underground qui détermine David Cronenberg à réaliser quelques courts-métrages à la fin des années 1960, et ce sont de petites sociétés de production spécialisées dans les films pornographiques qui financent ses premiers longs-métrages. Placée sous de tels auspices, son inspiration n'apparaît guère plus sérieuse que celle d'un provocateur concoctant avec des moyens dérisoires des spectacles sanguinolents. Cronenberg gardera un temps cette image de cinéaste mineur et désuet. Pourtant, dès Frissons (Shivers, 1975), où une épidémie de violence sexuelle décime les habitants d'un immeuble moderne, l'obsession qui fonde l'imaginaire du cinéaste est à l'œuvre : le corps comme vecteur du fantastique et objet d'expérimentation scientifique – un médecin fou est ici responsable de l'épidémie transmise par un animal monstrueux. Rage (Rabid, 1977) réaffirme cette fascination pour la contamination, les métamorphoses physiques et la dégénérescence des instincts humains (ici ceux d'une femme, transformée en prédatrice sexuelle après une greffe de peau), de même que Chromosome 3 (The Brood, 1979), où une mère donne naissance à des gnomes cruels qui accomplissent ses désirs de meurtre refoulés. Marqué par les découvertes de la nouvelle psychiatrie, le film ouvre la voie à une approche plus intériorisée de l'horreur, dont le cerveau humain devient le foyer dans Scanners (1981), où deux frères télépathes s'affrontent avec les armes d'une pensée assassine, et dans Dead Zone (1983), adaptation d'un roman de Stephen King dont le héros est un accidenté de la route qui développe des dons visionnaires.

Le pouvoir de l'image est au centre des préoccupations de David Cronenberg. Dès lors, on ne s'étonne pas de le voir devenir, en juillet 2006, commissaire d'une exposition consacrée à Andy Warhol, et rencontrer l'intérêt du peintre pour la représentation de la célébrité et celle de la mort, deux thèmes qui soulèvent directement la question du retentissement de ce qu'on donne à voir (Andy Warhol/Supern [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 4 pages






Écrit par :

Classification


Autres références

«  CRONENBERG DAVID (1943- )  » est également traité dans :

SPIDER (D. Cronenberg)

  • Écrit par 
  • Raphaël BASSAN
  •  • 1 024 mots

David Cronenberg a bâti son œuvre sur une série de contradictions. Intellectuel canadien dont la vocation pour le cinéma naît à la vision de films expérimentaux, il en refuse le ghetto pour se tourner vers le fantastique. Dès son premier long-métrage, Frissons (The Parasites Murders, 1975), il choisit de travailler à partir de thèmes inspirés de la série B s […] Lire la suite

BALLARD JAMES GRAHAM (1930-2009 )

  • Écrit par 
  • Denis GUIOT
  •  • 1 196 mots

James Graham Ballard fut un des grands écrivains du xx e  siècle et, sans nul doute, celui qui a affirmé le plus nettement l'adéquation fine de la science-fiction avec notre époque : « Le „fait“ capital du xx e  siècle est l'apparition de la notion de possibilité illimitée . Ce prédicat de la science et de la technologie appelle la vision d'un passé brutalement mis entre parenthèses – le passé n'e […] Lire la suite

Pour citer l’article

Frédéric STRAUSS, « CRONENBERG DAVID (1943- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 août 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/david-cronenberg/