CRITIQUE DE LA FACULTÉ DE JUGER, Emmanuel KantFiche de lecture

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Le beau et le sublime

La connaissance ne consiste pas seulement à produire des concepts : il faut encore pouvoir les mettre en relation avec des objets donnés. D'où le rôle déterminant de la faculté de juger, déjà exposé dans la Critique de la raison pure : soumettre le cas à la règle, « subsumer le particulier sous l'universel ». Mais le jugement ne fait pas que s'exercer au service de l'entendement, il procède aussi selon ses principes propres : Kant parle alors de la faculté de juger « réfléchissante » (et non plus « déterminante »), lorsqu'elle produit à elle-même sa propre loi. Tel est précisément ce dont nous faisons l'expérience dans le jugement esthétique. La beauté d'un objet n'a rien à voir avec « l'intérêt spéculatif » ; elle peut s'analyser comme la mise en rapport d'une forme donnée avec une représentation idéale (rapport dit de finalité), librement produite par l'imagination. Le « sentiment » esthétique sanctionne par le plaisir l'accord entre la perception et la représentation – c'est-à-dire l'harmonie entre l'entendement et l'imagination. Ce sentiment n'a donc rien à voir non plus avec un « intérêt pratique » : ce n'est pas une sensation liée à la satisfaction d'un désir (comme l'acte de manger). Aussi le beau est-il d'abord défini dans la Critique de la faculté de juger comme « sentiment de satisfaction désintéressée », « finalité sans fin ».

L'esthétique kantienne, très technique dans son expression, n'en a pas moins reçu un considérable écho : c'est que la pensée critique offre une reformulation en profondeur des grandes questions du temps. Ainsi du sublime, qui dans le goût des Lumières avait progressivement s [...]


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Pour citer l’article

François TRÉMOLIÈRES, « CRITIQUE DE LA FACULTÉ DE JUGER, Emmanuel Kant - Fiche de lecture », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 09 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/critique-de-la-faculte-de-juger/