CRITIQUE D'ART EN FRANCE AU XIXe SIÈCLE

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Charles Baudelaire , Nadar

Charles Baudelaire , Nadar
Crédits : Nadar/ Hulton Archive/ Getty Images

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La Grande Odalisque, J. A. D. Ingres

La Grande Odalisque, J. A. D. Ingres
Crédits : Erich Lessing/ AKG

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Émile Zola, É. Manet

Émile Zola, É. Manet
Crédits : Erich Lessing/ AKG

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Vue de Vliet près de Delft, J. B. Jongkind

Vue de Vliet près de Delft, J. B. Jongkind
Crédits : Bridgeman Images

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Critique d'art et histoire de l'art

Si la critique d'art du xixe siècle a pu parfois s'apparenter à un genre littéraire, elle recourt cependant à des instruments spécifiques. Il n'est pas d'« articlier », pour reprendre le terme condescendant de Baudelaire, qui n'ait eu à cœur de justifier sa compétence en établissant des rapprochements avec l'art du passé. Ce mode d'approche est de plus inscrit dans les mentalités du temps : l'historicisme marque profondément l'art du xixe siècle, et son déroulement semble jalonné par les exhumations successives. De nombreux critiques sont donc des amateurs, voire des découvreurs d'expressions plus anciennes qui influencent sensiblement le jugement qu'ils portent sur l'art contemporain. Les travaux pionniers de Champfleury (1821-1889) sur les frères Le Nain, comme lui originaires de Laon, lui sont inspirés par sa sensibilité « réaliste ». La publication de ces recherches, commencée en 1849, avant l'ouvrage de 1862, confirme le goût du critique républicain pour la simplicité et la vérité, hostile par exemple à la tendance néo-grecque de Jean Léon Gérôme (1824-1904), baptisée « école du calque ». Faisant véritablement œuvre scientifique, refusant l'esprit des « biographes littéraires qui pittoresquent l'homme dont ils ont à parler », Champfleury souligne la grandeur de ces témoins de la réalité au xviie siècle : s'adonnant à « ce qu'on appelle niaisement la peinture de genre, [ces] peintres de la famille et des gueux [sont] des historiens ». Établissant des parallèles avec les démarches contemporaines, cette interprétation guide le soutien de Champfleury à Un enterrement à Ornans (1850, musée d'Orsay, Paris) de Gustave Courbet (1819-1877) et à l'ensemble de l'œuvre de l'artiste, prélude à la publication du Réalisme en 1857. Théophile Thoré (1807-1869) adopte une attitude voisine. Astreint à l'exil en 1848, [...]

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Écrit par :

  • : professeur d'histoire de l'art contemporain à l'université des sciences humaines de Strasbourg

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Christine PELTRE, « CRITIQUE D'ART EN FRANCE AU XIXe SIÈCLE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 juillet 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/critique-d-art-en-france-au-xixe-siecle/