CRITIQUE D'ART EN FRANCE AU XIXe SIÈCLE

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Charles Baudelaire , Nadar

Charles Baudelaire , Nadar
Crédits : Nadar/ Hulton Archive/ Getty Images

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La Grande Odalisque, J. A. D. Ingres

La Grande Odalisque, J. A. D. Ingres
Crédits : Erich Lessing/ AKG

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Émile Zola, É. Manet

Émile Zola, É. Manet
Crédits : Erich Lessing/ AKG

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Vue de Vliet près de Delft, J. B. Jongkind

Vue de Vliet près de Delft, J. B. Jongkind
Crédits : Bridgeman Images

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Écrivains et critiques d'art

« salon (faire le). Début littéraire qui pose très bien son homme. » Cette boutade de Flaubert n'est pas qu'une « idée reçue », c'est un constat : de fort nombreux écrivains ont mis cette stratégie en pratique, au point que l'approche de la critique d'art fut longtemps l'affaire des seuls historiens de la littérature. Jusque vers 1890, il n'existe pas vraiment de commentateurs professionnels, d'autant que la vie artistique est centrée sur le Salon. La plupart des « vrais » critiques ont donc aussi fait œuvre littéraire, et bien des écrivains furent des critiques occasionnels, parfois avec bonheur, mêlant souvent à leur jugement des critères littéraires. Ainsi, Jules Barbey d'Aurevilly (1808-1889), commentant en 1864 le Combat des navires Kearsage et Alabama (1864, Museum of Art, Philadelphie), remarque-t-il : « Manet a fait comme Stendhal dans sa bataille de Waterloo, vue par derrière, et dans un seul petit groupe éloigné du champ de bataille. » À une époque où l'histoire de l'art n'est pas encore vraiment une discipline autonome, la critique émane donc moins de ses spécialistes que de spectateurs inspirés, surtout habiles à manier le verbe.

Dans cette longue tradition, le rôle de Diderot (1713-1784) paraît évidemment souverain, et au xixe siècle peu de critiques français se soustraient à cet héritage. L'auteur de l'Essai sur la peinture (1766), rédigé « pour faire suite au Salon de 1765 », a rendu compte pour la Correspondance littéraire de Grimm des expositions du Louvre pendant plus de vingt ans, de 1759 à 1781. Inédite, cette chronique est progressivement révélée au xixe siècle : la revue L'Artiste – qui dès sa création joue dans le débat esthétique un rôle essentiel – publie en 1831 des fragments du Salon de 1763, et observe que, « fécondant les idées de son siècle », Diderot s'est aussi porté « sur le terrain des questions agitées » par l'époque contempo [...]


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Écrit par :

  • : professeur d'histoire de l'art contemporain à l'université des sciences humaines de Strasbourg

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Christine PELTRE, « CRITIQUE D'ART EN FRANCE AU XIXe SIÈCLE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/critique-d-art-en-france-au-xixe-siecle/