CRITIQUE D'ART, Antiquité gréco-romaine

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Le modèle de Xénocrate

Telle est la démarche suivie par Xénocrate. Mais, à la différence d'autres enquêtes nées aussi du projet aristotélicien, comme la collecte « archéologique » des monuments du passé qui viendra confluer dans la périégèse de Pausanias, Xénocrate, lui-même sculpteur, continue à centrer son analyse sur la personnalité des artistes. Mais il se distingue aussi d'une autre branche du savoir issu des préceptes aristotéliciens, l'enquête biographique qui s'attache au particulier et à l'anecdotique. C'est ainsi que les Vies de peintres de Douris de Samos, connues indirectement par Pline l'Ancien ou Plutarque, proposaient une typologie des vies d'artistes que Vasari réutilise à la Renaissance. Xénocrate, au contraire, est un théoricien. Il cherche à décrire systématiquement la production artistique à l'aide de critères qui définissent une norme idéale posée comme la vérité de l'art. Elle réside pour Xénocrate dans le respect de la mímēsis, dans la reproduction la plus exacte possible de la « nature ». Quatre critères appliqués aux œuvres d'art aboutissent à un palmarès des artistes, conforme à la mentalité agonistique des Grecs : l'exactitude et la précision (acríbeia), la commensurabilité des parties au tout (symmetría), la transmission du mouvement à la figure (rhythmós) et l'expression de l'apparence visuelle (species, phantasía). Avec ce quatrième critère, Xénocrate prend en compte rationnellement les éléments subjectifs de la représentation artistique que Platon refusait. À nos yeux aussi cette recherche d'un illusionnisme tendant vers un effet de réel d'autant plus grand apparaît bien comme une création majeure de l'art grec classique, qui introduit une rupture décisive avec les autres arts de l'Antiquité, jetant les bases d'un mode de représentation naturaliste propre à l'art occidental. L'historien Diodore de Sicile l'avait très bien vu, lorsque, au début de sa Bibliothèque historique (I, xcviii, 5-10), il oppose à la fixité de la mise au carreau des stat [...]


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ART NÉO-ATTIQUE (Rome)

  • Écrit par 
  • Gilles SAURON
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Au lendemain des guerres puniques, la puissance militaire et diplomatique de Rome s'impose progressivement à l'ensemble du monde méditerranéen. Enrichis par les conquêtes et séduits par les nombreux originaux pillés par les généraux, les Romains et les Italiens recherchent des œuvres d'art ou des objets d'artisanat de luxe. Face à cette demande très forte, les centres producteurs du monde grec rép […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/art-neo-attique/#i_95284

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Agnès ROUVERET, « CRITIQUE D'ART, Antiquité gréco-romaine », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/critique-d-art-antiquite-greco-romaine/