COSTA RICA

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Nom officielRépublique du Costa Rica (CR)
Chef de l'État et du gouvernementCarlos Alvarado Quesada (depuis le 8 mai 2018)
CapitaleSan José
Langue officielleespagnol
Unité monétairecolón du Costa Rica (CRC)
Population5 163 000 (estim. 2021)
Superficie (km2)51 177

Histoire

La colonie espagnole et l'indépendance

Le Costa Rica, découvert en 1502 par Christophe Colomb qui relâche dans la baie de Limón et est surpris du grand nombre d'objets d'or possédés par les Indiens, est exploré pour la première fois en 1522 par Gil González Dávila. En 1524, après que quelques pionniers eurent été vaincus par les indigènes, Juan Vázquez de Coronado fonde une modeste colonie dans une haute vallée située à mille mètres d'altitude, où les conditions climatiques sont excellentes. Les ressources naturelles étant modestes et les Indiens ayant fui vers les hauteurs, les premiers colons doivent pour survivre travailler la terre. Assisté de deux autres hidalgos, Juan de Cavallón et Juan de Estrada Ravago, Vázquez de Coronado pose les bases d'une société originale que l'on a justement dépeinte comme l'une des plus évoluées des Caraïbes.

La première et réelle menace vient pour les colonisateurs de la côte atlantique. Les incursions des flibustiers et des frères de la côte contraignent les paysans créoles installés à Barba et à Aserri à la défensive. En 1665, des groupes d'envahisseurs sont repoussés non sans mal par une garnison espagnole forte de 650 miliciens. La ville de Heredia, alors Villa de Cubujuqui, est fondée en 1706 et San José, la capitale actuelle, en 1736. Les particularités provinciales de la métropole espagnole demeurent dans les diverses communautés et la proclamation de l'indépendance en 1821 ne modifie guère les rapports entre les différentes cités du pays. Deux ans plus tard cependant, les remous provoqués par un soulèvement armé à Cartago permettent à San José, plus importante, de prendre le rang de capitale. Jusqu'en 1848, le Costa Rica participe aux différentes tentatives d'unification de l'Amérique centrale et les luttes intestines se circonscrivent entre les libéraux de San José et les conservateurs de Cartago.

L'expansion économique commence réellement avec la culture du café importée de Cuba et qui vient s'ajouter au début du xixe siècle à celle du cacao et à l'élevage. La culture double est favorisée par des gouvernements avisés qui répartissent la terre entre les communautés paysannes. Cette évolution relativement paisible explique l'absence de grandes propriétés et le sens civique élevé de la population. En 1878, le général Tomás Guardia accorde une première concession à la United Fruit Co. pour l'exploitation de bananeraies sur la côte du Pacifique. En échange, il exige et obtient la construction d'un chemin de fer qui aboutit à Puerto Limón. La ligne sera achevée en 1891. Les routes se multiplient. La colonisation intérieure se développe rapidement.

Les luttes intérieures

Deux centrales syndicales, une socialiste et une démocrate-chrétienne, existaient déjà après la guerre de 1914-1918. La centrale chrétienne Rerum novarum, fondée en 1920, collabore à l'occasion avec les partis de gauche. En 1948, le collège électoral qualifie de frauduleuses les élections présidentielles marquées par la victoire d'Otilio Ulate sur Calderón Guardia. Le président sortant Teodoro Picado refuse de transmettre ses pouvoirs. Cette contestation déclenche une brève guerre civile qui fait un millier de morts. Un chef populaire, José Figueres, leader du Parti de libération nationale (P.L.N.), prend fait et cause pour Otilio Ulate et met le siège devant Puerto Limón avec sa Légion des Caraïbes. Mgr Sanabría, archevêque de San José, dont les sympathies vont aux libéraux de Figueres, intervient pour négocier une trêve et Figueres fait une entrée triomphale dans San José.

Une junte révolutionnaire provisoire gouverne pendant un an et demi et impose de profondes réformes aux institutions. La Constitution adoptée en novembre 1949 comporte l'abolition de l'armée en tant qu'institution permanente, le transfert de son budget au ministère de l'Éducation nationale et la transformation des casernes en musées des beaux-arts. Le R. P. Benjamín Nuñez, nommé ministre du Travail, met au point une législation sociale avancée, et des magasins d'État sont créés. En 1953, Figueres est élu président et son parti dispose de 31 sièges sur 46 dans le nouveau Congrès. L'accession de Figueres à la présidence lui vaut le surnom de « don Pepe » et un adversaire, « Tacho » Somoza, dictateur du Nicaragua. Une lutte sévère s'engage à partir de 1953 entre les deux petites républiques de l'Amérique centrale, provoquant de multiples réunions de l'Organisation des États américains (O.E.A.) et quelques démarches de Washington. Le duel Figueres-Somoza est alors l'image même de la lutte entre la démocratie et la dictature. Le libéral Figueres, pro-américain et anticommuniste, obtient une révision des accords passés avec la United Fruit Co. et quitte le pouvoir en 1957. Le conservateur Echandi Jiménez lui succède jusqu'en 1962, qui voit le retour du candidat libéral Francisco Orlich et des partisans de Figueres. De 1962 à 1966, les syndicats se regroupent autour de deux centrales, la « catholique », qui prend le nom de Confédération costaricaine des travailleurs, et la « socialiste » où l'on note l'apparition d'éléments castristes, surtout dans les plantations de bananes.

Aux élections de janvier 1966, Trejos Fernández, vice-recteur de l'université de Costa Rica et partisan du néo-libéralisme économique, l'emporte de très peu sur le candidat de Figueres, Daniel Oduber. Mais le P.L.N. dispose de la majorité au Parlement. Les États-Unis sont satisfaits de la victoire de Trejos Fernández qui se prononce en faveur de l'Organisation des États centraméricains.

« Neutralité » et tensions régionales

Le Parti de libération nationale revient en 1970 à la présidence avec José Figueres, qui établit des relations diplomatiques avec l'Union soviétique et d'autres pays socialistes. Daniel Oduber, également du P.L.N., lui succède de 1974 à 1978. La politique intérieure du Costa Rica est donc dominée par ce parti, soutenu par les classes moyennes et les campagnes, face à une droite qui ne s'oppose le plus souvent que sous la forme de coalitions et à une gauche complètement divisée, pour laquelle le terrain est difficile compte tenu des sentiments majoritairement pro-américains de la population. Le gouvernement de Daniel Oduber affirme la présence de l'État dans l'économie du pays, qui se redresse d'ailleurs grâce à la hausse des prix du café. Celle-ci n'est toutefois pas en mesure de compenser les effets négatifs de la hausse des prix du pétrole de 1973-1974.

Le principal adversaire du P.L.N., Rodrigo Carazo, accède au pouvoir avec 50 p. 100 des voix aux présidentielles de 1978, au nom de la coalition Unidad, regroupant divers partis allant de la Démocratie chrétienne à l'extrême droite. C'est à partir de cette période que le gouvernement se voit obligé de recourir au Fonds monétaire international pour tenter de trouver une solut [...]

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Écrit par :

  • : chercheur et consultant, titulaire d'un doctorat de troisième cycle en études des sociétés latino-américaines de l'Institut des hautes études d'Amérique latine, Paris
  • : professeur de géographie à l'université de Paris-VII-Denis-Diderot
  • : journaliste

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Pour citer l’article

Marie-Chantal BARRE, Noëlle DEMYK, Marcel NIEDERGANG, « COSTA RICA », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 06 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/costa-rica/