CORRÈGE (1489 env.-1534)

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Un peintre émilien

La vie du peintre émilien Antonio Allegri, dit le Corrège, né dans la ville qui lui donna son nom, n'est connue que par des témoignages indirects ; à l'incertitude de sa date de naissance s'ajoutent les informations imprécises au sujet de sa vie, de sa culture et de sa formation artistique. Seuls quelques contrats et documents d'archives fournissent les repères certains de l'évolution d'un des plus fascinants talents de la Renaissance italienne. Dans les Vies des plus célèbres peintres... (1550), Vasari trace le portrait trop simplifié d'un peintre solitaire, génie inquiet et bizarre, isolé dans la modestie exemplaire d'une existence provinciale. L'iconologie savante des dernières mythologies de ce peintre parmesan, le raffinement distingué de leur enveloppe formelle ainsi que la participation de Corrège aux délibérations d'une commission chargée de la surveillance de la construction à Parme de l'église de la Steccata (documents de 1525) contredisent cette légende. Une étude d'Erwin Panofsky sur l'iconographie de la chambre de Saint-Paul (vers 1519) situe Corrège dans l'entourage des humanistes émiliens qui se recrutaient parmi les poètes et numismates les plus érudits.

Les biographes de l'artiste situent ses débuts dans sa ville natale et à Mantoue. Élève de son oncle Allegri et d'autres artistes mineurs, le jeune peintre se souviendra des perspectives de Mantegna (fresques de la chambre des Époux au palais de Mantoue) ; ce modèle et la perfection d'un dessin d'une prodigieuse légèreté fourniront des conditions idéales au déploiement de son talent. Les premières œuvres de Corrège sont marquées par l'héritage du sfumato indécis des maîtres secondaires du protomaniérisme émilien (Longhi). Leurs interprétations entachées de provincialisme essaient d'associer les enseignements des Florentins – solidité architectonique des compositions et perfection du dessin anatomique – avec le nouveau sens de la couleur des Vénitiens.

L'œuvre de [...]


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Noli me tangere, Corrège

Noli me tangere, Corrège
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Jupiter et Io, Antonio Allegri, dit le  Corrège

Jupiter et Io, Antonio Allegri, dit le Corrège
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Pour citer l’article

Andréi NAKOV, « CORRÈGE (1489 env.-1534) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 26 février 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/correge/