CORPORATISME

Corporation économique et corporation sociale

Selon la théorie corporatiste qui, en se référant à La Tour du Pin, se présente comme seule orthodoxe, l'ensemble des problèmes financiers, économiques et sociaux qui se posent à une profession doivent être soumis à la discussion et à la décision des représentants de tous les membres des entreprises concernées. Chaque « catégorie » élirait donc en son sein ses représentants aux instances de la corporation. Les auteurs s'accordent sur la nécessité d'assurer ainsi une triple représentation : des patrons, des techniciens et des travailleurs. Mais ils diffèrent sur la détermination des effectifs élus par chaque catégorie, et aussi sur la composition de ces dernières : certains souhaitent une représentation massive des cadres techniques, d'une part, et de la main-d'œuvre ouvrière et employée, d'autre part, alors que d'autres veulent, pour les cadres techniques et pour la main-d'œuvre, une représentation proportionnelle à l'importance respective des principales spécialités.

Les pouvoirs de décision économique de chaque groupe d'élus dans les instances corporatives varient selon les auteurs. Un courant, dit « socialisant », préconise l'égalité au niveau du pouvoir de décision entre chacun des trois grands groupes : patronat, techniciens, personnel. Un autre courant, se recommandant de thèses émises par F. Perroux dans son ouvrage Capitalisme et communauté du travail (1936), penche pour une égalité entre la représentation patronale et la représentation ouvrière, arbitrée par des techniciens. Enfin, un troisième courant, dit « conservateur », tient à une majorité absolue du patronat face à l'ensemble des représentations de salariés, techniciens et main-d'œuvre. Il en est même qui ne reconnaissent aux instances « tripartites » que le droit à la discussion et à la délibération consultative, la décision demeurant au seul patronat.

Corporatisme de profession et corporatisme d'entreprise

La théorie du corporatisme de profession veut [...]


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Pour citer l’article

Maurice BOUVIER-AJAM, « CORPORATISME », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 septembre 2017. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/corporatisme/