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Dynastie Chosŏn (1392-1910)

Créé en 1392 et reconnu par la dynastie chinoise des Ming sous le nom de Chosŏn, le nouveau royaume des Yi transféra, en 1396, la capitale de Kaesŏng à l'actuelle Séoul où, sous la protection de 27 440 soldats, le nouveau système d'administration fut installé sur le modèle de celui qui était en vigueur dans la Chine des Ming. Il était confié, toujours comme par le passé, aux yangban, dont les principes de gouvernement étaient inspirés du confucianisme, ce qui fit diminuer l'influence du bouddhisme.

Tandis qu'un système d'écriture original, alphabétique en même temps que syllabique, est mis en usage dès 1446, le chinois continue à être utilisé, notamment pour la rédaction des documents historiques et administratifs, tel le Chosŏn wangjo shillok (Annales de la dynastie Chosŏn), qui, commencé en 1413 sous le règne du roi fondateur de la dynastie, T'aejo (1392-1398), et terminé en 1864 (les Annales du règne des deux derniers rois Kojong et Sunjong ont été achevées à l'époque de la colonisation japonaise en 1935), nous fournit de précieux renseignements sur l'histoire de cette époque. Ajoutons-y le Koryŏsa (Histoire de Koryŏ) de Chŏng-Inji (1396-1478), le Tongguk t'onggam (Miroir du pays de l'Est) de Sŏ Kŏjŏng, qui couvre l'histoire de la Corée des origines jusqu'à la fin de Koryŏ, et le Tongguk yŏji sŭngnam (Géographie historique du pays de l'Est, 1481).

Le zèle des savants et des lettrés pour le progrès culturel eut, pour les théoriciens confucianistes, des conséquences inattendues, mais néfastes ; divisés, comme en Chine, en deux écoles, dites respectivement de li et de qi, ceux-ci ne tardèrent pas à former des factions politiques qui, reflétant notamment les particularismes régionaux, poursuivirent leurs vaines luttes sans se soucier de ce qui se passait à l'intérieur et à l'extérieur du pays.

Engagés dans ces luttes, les dirigeants politiques ne purent prévoir l'invasion des troupes japonaises qui, composées de 200 000 soldats et de 9 000 marins, débarquèrent à Pusan (Busan), en avril 1592, sous prétexte d'emprunter les routes de la péninsule coréenne pour aller attaquer la Chine. Mal préparée contre cette attaque imprévue, la Corée ne dut son salut qu'à l'aide militaire de la dynastie chinoise des Ming et aux combats héroïques de l'amiral Yi Sunshin (1545-1598), l'inventeur du bateau cuirassé, qui infligea de lourdes pertes à la flotte japonaise. Après avoir évacué la péninsule, en septembre 1593, en ne laissant qu'une poignée de soldats dans sa partie méridionale, l'armée japonaise tenta, une fois de plus, d'occuper la Corée en 1597 ; mais, tenu en échec par les troupes coréennes aidées par les soldats chinois, l'envahisseur se hâta de rebrousser chemin dès que fut connue la mort de Toyotomi Hideyoshi (août 1598), responsable de ces deux invasions. Cette première guerre eut d'heureuses conséquences pour le Japon qui, étant entré en contact avec la technique hautement développée des Coréens dans les domaines de l'imprimerie et de la poterie, la fit implanter par les prisonniers coréens ; elle fut, en revanche, extrêmement néfaste pour la Corée, qui eut à déplorer les ravages exercés sur deux tiers de la terre cultivée.

Une quarantaine d'années plus tard, un autre danger vint, cette fois, du nord ; il s'agissait de la nouvelle dynastie chinoise des Qing, qui envahit le nord de la péninsule en 1636, pour obtenir la fidélité de la cour des Yi. La paix (1637) ne fut obtenue qu'au prix d'une reconnaissance de vassalité envers cette dynastie d'origine mandchoue et de l'envoi du prince héritier comme otage à la cour impériale.

Peu avant cet événement, les savants coréens, initiés à l'école chinoise dite de kao-tcheng-hiö, représentée notamment par Gu Yanwu (1613-1682), commencèrent à former une secte appelée shilhak ou « science du réel », faisant preuve de pragmatisme utilitaire, d'encyclopédisme et d'esprit critique, comme le montrent les œuvres de Yi Sugwang (1563-1628), Yu Hyŏngwŏn (1622-1673), Yi Ik (1681-1763), Chŏng Yagyong (alias Dasan, 1762-1836) et autres. Leurs principes eurent une forte répercussion dans la littérature qui, surtout dans le domaine des romans, connut un grand essor durant deux siècles (xviie-xviiie s.). La curiosité des gens de shilhak pour la science [...]

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Corée au IVe siècle

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Écrit par :

  • : professeur des Universités, université de Lyon-III
  • : docteur d'État ès lettres, professeur à l'université de Paris-VII
  • : ancien maître de recherche au CNRS, professeure honoraire à l'École du Louvre, chargée de mission au Musée national des arts asiatiques-Guimet

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Jin-Mieung LI, Ogg LI, Madeleine PAUL-DAVID, « CORÉE - Histoire », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 07 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/coree-histoire/