ANDES CORDILLÈRE DES

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Données physiques

La genèse

Les Andes sont l'une des guirlandes montagneuses qui s'enroulent autour du Pacifique. Elles sont bordées, dans l'Océan, par des fosses profondes qui forment en quelque sorte le négatif sous-marin des reliefs terrestres. La structure des Andes est très différente de celle des Alpes : les mouvements verticaux l'emportent sur les mouvements tangentiels ; les nappes de charriage, importantes dans les Alpes comme dans l'Himalaya, sont ici absentes.

L'interprétation de la genèse de la chaîne andine devient maintenant plus intelligible grâce à la tectonique des plaques. Le dispositif d'ensemble des Andes centrales et méridionales (de 20 de latitude nord à 410 de latitude sud) est celui d'une chaîne « liminaire », c'est-à-dire édifiée sur une marge continentale active où se produit la subduction de la plaque océanique pacifique sous la plaque continentale sud-américaine. Le « cycle andin », marqué par le rapprochement des deux plaques et la subduction de la plaque pacifique sous celle de l'Amérique du Sud commence au Permien il y a 230 Ma (millions d'années). La chaîne andine se construit sur la bordure occidentale « sialique » de la plaque d'Amérique du Sud et sur une chaîne hercynienne qui repose elle-même sur un substratum précambrien métamorphique.

Le cycle andin comporte deux grandes phases : une phase de sédimentation de près de 100 Ma caractérisée par un magmatisme synsédimentaire calco-alcalin et une sédimentation, en partie marine, en partie continentale, qui s'effectue dans des bassins en distension du substratum sialique. Dans les bassins s'accumulent des calcaires, des grès et des quartzites, des pélites qui affleurent actuellement dans les régions centrales des Andes. La deuxième partie du cycle, un peu plus courte mais qui se poursuit actuellement, comporte une succession de phases de compression, donc de plissements, séparées par des épisodes plus longs de distension au cours desquels se mettent en place des batholites entre 100 Ma et 10 Ma, comme celui qui est parallèle à la côte centrale du Pérou. Des bassins subsidents, subparallèles à la marge du Pacifique, situés dans l'intérieur de la chaîne, se remplissent de dépôts terrigènes comme dans les bassins tertiaires de l'Altiplano où l'on mesure 8 000 m de roches détritiques.

Quatre phases majeures de compression se placent au Crétacé terminal, à la fin de l'Éocène, au Miocène et au Pliocène. Les épisodes de distension sont marqués par la surrection des secteurs antérieurement plissés et par un magmatisme calco-alcalin accompagné de phénomènes volcaniques. Corrélativement se développent des aplanissements qui tronquent les reliefs, comme ceux de la « surface d'érosion de la puna », maintenant portée à plus de 4 000 m, et qui s'est élaborée à plusieurs moments, de l'Oligocène au Pliocène.

Il n'y a pas de relations évidentes entre l'orogenèse – processus créateur de relief – et la subduction de la plaque océanique. La géophysique montre que la racine sialique des Andes centrales est particulièrement volumineuse. On peut admettre ici que la surrection est due à des apports de produits légers, du Sial, qui proviennent de la plaque océanique en subduction. La surrection serait donc à mettre en rapport avec la poursuite de la subduction qui s'accompagne d'un volcanisme et d'une séismicité active. Le volume de la chaîne andine est pour l'essentiel mio-pliocène, c'est-à-dire qu'il s'est formé au cours des douze derniers millions d'années. Actuellement des massifs continuent de se soulever, comme la Cordillère blanche, tandis que l'on enregistre des phénomènes localisés de subsidence.

Aux deux extrémités de la chaîne s'effectuent des transitions avec les guirlandes antillaises. Les styles tectoniques changent, mais sont assez semblables au nord comme au sud.

Au nord, en Colombie et au Venezuela, on distingue un secteur oriental construit comme les Andes centrales sur un socle précambrien et paléozoïque et une partie occidentale composée de roches basiques et ultrabasiques, mise en place lors d'une phase de distension morcelant la bordure occidentale du continent. Cette phase pourrait être mise en rapport avec l'ouverture de l'Atlantique Nord entre 180 Ma et 100 Ma, le mouvement relatif des plaques sud et nord-américaines devenant alors le facteur déterminant du développement des Andes septentrionales. Ces roches basiques pourraient soit s'expliquer par une mise en place entre les blocs sialiques disjoints, soit être des éléments d'un panneau du toit de la croûte océanique accolé au continent.

Pour les Andes septentrionales le calendrier n'est pas le même que pour les Andes liminaires : phases à l'Albien inférieur, à l'Éocène inférieur, au cours de l'Oligocène et au Mio-Pliocène. Le plissement migre vers l'est au cours des phases, d'où l'incorporation progressive des zones externes à la chaîne andine. Ici les grandes cordillères bien individualisées de Colombie – orientale, centrale et occidentale – constituent autant de compartiments séparés par des failles subverticales qui jouent parfois en décrochement. Le soulèvement est pour l'essentiel de la fin du Tertiaire et du Quaternaire et s'accompagne de la mise en place des volcans sur la Cordillère centrale dont certains sont encore actifs.

À l'extrémité sud du continent, on retrouve des caractéristiques semblables dans la cordillère de Magellan qui se poursuit dans l'arc de Scotia et rejoint l'Antarctide. Ainsi aux deux extrémités des Andes liminaires à andésites préorogéniques, édifiées sur une croûte sialique, on passe à des systèmes montagneux intermédiaires : les ophiolites et les charriages apparaissent. C'est là une différence fondamentale avec les Andes centrales où les roches vertes sont absentes, où les mouvements tangentiels sont d'une ampleur limitée, mais où en revanche les manifestations volcaniques sont importantes. Autre caractéristique des Andes centrales, l'extension des surfaces planes en haute altitude : plateaux des punas et altiplanos qui se tiennent à plus de 3 500 m, héritages des aplanissements tertiaires et des remblaiements des hauts bassins pris dans le grand soulèvement andin mio-pliocène.

Le relief actuel

Selon la date et l'ampleur des dernières manifestations tectoniques, l'importance du volcanisme récent et la répartition des volumes durs et des volumes tendres, les Andes ont des aspects orographiques très différents.

Cordillère des Andes : relief

Dessin : Cordillère des Andes : relief

 

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Les Andes de Merida, au Venezuela, sont un grand voussoir, culminant à 5 000 m, dont l'axe gneissique est flanqué de séries mésozoïques. Elles so [...]

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Cordillère des Andes : relief

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Écrit par :

  • : agrégé de géographie, docteur d'État ès lettres et sciences humaines, directeur de recherche au C.N.R.S.
  • : professeur à l'université de Paris-VII (géographie)

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Pour citer l’article

Jean-Paul DELER, Olivier DOLLFUS, « ANDES CORDILLÈRE DES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 08 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/cordillere-des-andes/