CONVERSATIONS AVEC CÉZANNE, Émile BernardFiche de lecture

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La théorie par aphorismes

« Les causeries sur l'art sont presque inutiles. » En dépit de cette affirmation, Cézanne sait se montrer loquace lorsqu'il s'agit du métier, adressant à ses émules des préceptes devenus proverbiaux : « quand la couleur a sa richesse, la forme a sa plénitude » ou « traitez la nature par le cylindre, la sphère, le cône... ». Parfois, au détour d'une phrase, il dévoile le fond d'une pratique tenue jalousement secrète. Ainsi, pour saisir le fondement sériel des Sainte-Victoire, on peut juxtaposer deux de ses formules, « j'ai besoin de connaître la géologie » avec « le Louvre est le livre où nous apprenons à lire ». Classique et se posant en rival de Poussin, son discours résonne pourtant de prochains accents futuristes : « L'État c'est nous... la peinture c'est moi ; qu'on foute le feu au Louvre. » N'osant imaginer son rôle fondateur de l'art du nouveau siècle, ce solitaire s'épanche en admirant Tintoret : « Ah ! avoir des élèves ! »

La Montagne Sainte-Victoire, P. Cézanne

Photographie : La Montagne Sainte-Victoire, P. Cézanne

La Montagne Sainte-Victoire, huile sur toile, 1885-1887, du Français Paul Cézanne (1839-1906). Metropolitan Museum of Art, New York. 

Crédits : Bridgeman Images

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Écrit par :

  • : professeur émérite des Universités, président du centre de recherche Pierre-Francastel

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Pour citer l’article

Claude FRONTISI, « CONVERSATIONS AVEC CÉZANNE, Émile Bernard - Fiche de lecture », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 juin 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/conversations-avec-cezanne/