BRANCUSI CONSTANTIN (1876-1957)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

À la recherche de la forme pure

L'atelier de l'impasse Ronsin, où Brancusi a habité de 1916 à 1957, faisait partie d'un petit village, où ses voisins furent toujours des artistes : Max Ernst, Jean Tinguely, mais aussi Natalia Dumitresco et Alexandre Istrati, deux peintres roumains, qui l'ont aidé pendant les dix dernières années de son existence et auxquels on doit de précieuses informations sur sa vie et son travail. Mais quand, en 1907, Brancusi a sculpté La Prière, il habitait encore un atelier du boulevard Montparnasse. Son premier souci, après l'expédition de cette sculpture en Roumanie, fut d'abandonner le travail de la glaise, qui incite à des déformations qu'il juge impures. En se dédiant à la taille directe, il vise à l'essentiel par l'élimination progressive des détails approximatifs. Il installe également une enclume et une forge dans son atelier. Quand il a pris la baronne Renée Frachon comme modèle en 1907, il l'avait d'abord sculptée en pierre, mais, dès qu'il recommence son portrait en marbre, il estompe les traits de cette tête couchée, où le souvenir de Rodin sommeille encore. Il la transformera en Sommeil en 1908, puis en Muse endormie, dont le marbre est de 1909 et le bronze de 1910. Entre la forme néo-byzantine du portrait de la Baronne R.F. et le bronze de 1910, Brancusi a trouvé l'œuf, forme mère de la tête humaine. Mais cet œuf oscille, il bouge, Brancusi veut en montrer la fragilité, comme il l'a fait pour une Tête d'enfant de 1908 : il le pose, sans le fixer, sur une plaque taillée dans le marbre. Le lit où repose cet œuf fait donc partie de la sculpture, il s'est substitué au socle traditionnel. Cette tête aveugle et rêveuse semble, pour celui qui la contemple, capable de se réveiller. Elle vit. Elle rayonne aussi, mystérieusement, par la secrète énergie qu'elle semble contenir.

Avec Le Baiser, où un couple s'étreint dans un parallélépipède de pierre, Brancusi commence sans le savoir l'environnement monumental qu'il réalisera de 1937 à 1938 à Tirgu-Jiu, près d[...]

1 2 3 4 5

pour nos abonnés,
l’article se compose de 5 pages




Écrit par :

Classification


Autres références

«  BRANCUSI CONSTANTIN (1876-1957)  » est également traité dans :

ANDRE CARL (1935-    )

  • Écrit par 
  • Béatrice PARENT
  •  • 738 mots

Né le 16 septembre 1935 à Quincy (Massachusetts), le sculpteur Carl Andre étudie l’art de 1951 à 1953 à la Phillips Academy d’Andover. Après un bref passage au Kenyon College de Gambier (Ohio), en 1954, il voyage en Angleterre et en France. En 1957, il s’installe à New York, où il rencontre Frank Stella dans la maison d’ […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/carl-andre/#i_6771

ANGLAIS (ART ET CULTURE) - Sculpture

  • Écrit par 
  • Paul-Louis RINUY
  •  • 2 368 mots
  •  • 4 médias

Dans le chapitre « 1914, Londres, creuset de la sculpture moderne »  : […] dès 1911, à un moment où aucune de ses œuvres ne trouve place dans l'espace parisien. Brancusi, figure centrale dans l'invention de la sculpture contemporaine, même s'il ne réside pas dans la capitale anglaise, y expose aussi : il présente en 1913 au London Salon of the Allied Artists Association trois œuvres saluées par le […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/anglais-art-et-culture-sculpture/#i_6771

CUBISME

  • Écrit par 
  • Georges T. NOSZLOPY, 
  • Paul-Louis RINUY
  •  • 8 445 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Brancusi, Archipenko, Duchamp-Villon »  : […] La présence de Constantin Brancusi (1876-1957) dans cette liste nous étonne aujourd'hui, car il existe une réelle différence entre la simplification des volumes caractéristique de son art et la déconstruction analytique de l'espace cubiste. Si Le Baiser (pierre, 1907-1908, Muzeul de Arta, Craiova) est une […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/cubisme/#i_6771

RUCHE LA

  • Écrit par 
  • Guy BELOUET
  •  • 817 mots
  •  • 1 média

La Ruche est à Montparnasse ce que le Bateau-Lavoir fut à Montmartre : un foyer d'artistes (souvent misérables) rassemblés pendant la première moitié du xxe siècle dans des ateliers improvisés. Le Bateau-Lavoir a été détruit par un incendie en 1972 alors qu'il venait d'être […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/la-ruche/#i_6771

SCULPTURE CONTEMPORAINE

  • Écrit par 
  • Paul-Louis RINUY
  •  • 8 071 mots

Dans le chapitre « Expérimentations et bouleversements, 1960-1990 »  : […] grands inventeurs de la sculpture moderne ont ouvert l’âge contemporain de la puissance de leur singularité esthétique, même si leurs œuvres n’ont pas connu de suite immédiate dans les années 1960. Constantin Brancusi (1876-1957) a compris, avec le Monument de Tirgu-Jiu de 1938 et la série des Colonnes sans fin, la sculpture comme […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/sculpture-contemporaine/#i_6771

Pour citer l’article

Alain JOUFFROY, « BRANCUSI CONSTANTIN - (1876-1957) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 05 octobre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/constantin-brancusi/