CONSOMMATIONDépenses de consommation

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La consommation finale des ménages et la mesure de son évolution

Les comptes nationaux permettent d'étudier les évolutions de la consommation d'une sorte de « Français moyen ». Ils fournissent à la fois des résultats agrégés et un niveau de détail assez grand. Les séries les plus fines permettent de distinguer 297 postes. Ces données sont construites de façon à pouvoir décrire l'évolution de la consommation, produit par produit, année par année. Elles fournissent des séries de volumes et de prix. Par exemple, la part des produits des technologies de l'information et de la communication (T.I.C.) dans le budget des ménages est passée de 1,3 p. 100 à 4,2 p. 100 entre 1960 et 2005. Les Français consomment ces produits comme la moyenne européenne mais restent globalement moins équipés en téléphones mobiles. Au cours de la première moitié des années 2000, l'accès à haut débit a fait quadrupler le nombre des abonnés à Internet. Mais les conventions utilisées pour mettre à jour les données de ce type sont de plus en plus difficiles à respecter. Les producteurs et des intermédiaires commerciaux ont tendance, en effet, à proposer au consommateur des bouquets de produits indissociables, à multiplier les ventes promotionnelles et les soldes de toute nature. L'indice de prix pertinent est de ce fait plus complexe à élaborer, et par là, laisse planer un doute sur le sens et l'ampleur des évolutions de volume pour certains produits (transports par le train ou par l'avion, télécommunications, etc.). Néanmoins, les évolutions macroéconomiques sont assez aisément interprétables quand on descend ainsi au niveau le plus détaillé de la nomenclature de produits. Les évolutions des grands agrégats posent davantage de questions.

Dépenses de consommation finale

Les dépenses de consommation finale des ménages mesurent la valeur des dépenses effectuées par les ménages en biens et services, marchands ou non marchands. Sont également comptabilisés dans ces dépenses, l'autoconsommation de produits alimentaires, les avantages fournis par les employeurs à leurs salariés ou par l'armée aux militaires, les loyers fictifs des logements occupés par leurs propriétaires ou par les personnes logées gratuitement. Les services non marchands comptabilisés au titre des dépenses de consommation finale des ménages comprennent les paiements partiels des ménages aux administrations publiques (hôpitaux, crèches, organismes d'enseignement, musées, théâtres, établissements pour enfants ou adultes handicapés) et aux institutions sans but lucratif au service des ménages (séances de ciné-club, spectacles amateurs, offices religieux, etc.). S'y ajoutent aussi les services domestiques fournis par le personnel salarié employé par les ménages (employés de maison, nourrices, concierges et gardiens d'immeubles).

Consommation finale effective

Dans le système européen de comptes en base 95 (SEC95), une seconde notion est définie, celle de la consommation finale effective des ménages. Aux précédentes dépenses de consommation finale des ménages est ajoutée une partie des dépenses supportées par la collectivité, celles dites « individualisables ». Ainsi, les sommes engagées par les administrations publiques pour la santé et l'éducation font partie de la consommation finale effective des ménages, mais pas les dépenses pour l'administration générale, la défense nationale ou la sécurité. Ces dernières sont retracées dans un poste intitulé « consommation collective » (des administrations publiques). La première définition – dépenses de consommation finale des ménages – est donc plus appropriée pour étudier la liaison entre revenu et consommation. La seconde définition – la consommation finale effective – est l'indicateur global permettant d'apprécier l'évolution du niveau de vie. La consommation finale effective permet aussi les comparaisons internationales, la part socialisée de la consommation étant très différente selon les pays. Mais, malgré leur pertinence, les dépenses de consommation finale et la consommation finale effective peinent toutes deux à approcher le bien-être retiré par le ménage de son activité de consommateur.

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Écrit par :

  • : sociologue, directeur de recherche, C.N.R.S.
  • : inspecteur général de l'I.N.S.E.E., chef de l'unité méthodes statistiques

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Pour citer l’article

Nicolas HERPIN, Daniel VERGER, « CONSOMMATION - Dépenses de consommation », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 30 juin 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/consommation-depenses-de-consommation/