CONSENSUS

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Consensus ou lutte de classes ?

Confrontée dès sa naissance à ces sociétés nouvelles nées de la Révolution française et de l'industrialisation, la sociologie a si nettement centré sa réflexion sur le consensus que l'on pourrait, comme le suggère Raymond Aron, classer les sociologues en fonction du sens qu'ils donnent à la fois au consensus et aux luttes sociales.

Ainsi Auguste Comte comme Émile Durkheim pensent que toute société est, par nature, fondée sur le consensus, expression et condition de l'unité de la conscience collective. Pour eux, les conflits ne sont pas le ressort caché de l'histoire ; ils sont le symptôme d'un dérèglement qui naît de la différenciation extrême des fonctions et des personnes. Si bien que les notions de consensus et d'anomie sont antagonistes comme le sont celles du normal et du pathologique.

Apparemment situé aux antipodes de cette analyse, le marxisme rapporte à la lutte des classes l'évolution de toutes les sociétés. Mais, à y regarder de plus près, la chose est moins simple. Les sociétés de lutte de classes sont des sociétés « aliénées », divisées en quelque sorte avec elles-mêmes ; et si on ne peut les définir comme pathologiques, puisqu'un déterminisme historique rigoureux préside à leur succession, elles n'en sont pas moins des sociétés malheureuses. La société future sera donc celle de la réconciliation de l'homme avec lui-même, communauté transparente où l'un de l'individu répond à l'un du Tout dans un consensus absolu.

On peut même aller plus loin et voir dans la façon dont Marx « démystifie » le faux consensus qu'impose l'idéologie des classes dominantes un hommage du vice à la vertu, c'est-à-dire la reconnaissan [...]


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Écrit par :

  • : professeur émérite, université de Paris-V-Sorbonne

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Pour citer l’article

André AKOUN, « CONSENSUS », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 10 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/consensus/