CONFUCIUS & CONFUCIANISME

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Confucius et son temps

Le trop célèbre auteur du « Lun yu »

Du mythe...

De l'homme, on ne sait presque rien : des dates (551-479 avant notre comput) ; des anecdotes fabuleuses (cette licorne, avant la naissance du Maître, qui vomit un livre orné de pierres précieuses ; cette autre licorne, qui lui présage sa mort, etc.) ; un nom lui-même qui prête aux gloses abigotantes (n'y trouve-t-on pas le caractère « hirondelle » ? Or le fondateur de la dynastie des Shang ou Yin, à laquelle remonterait notre homme, naquit de Jiandi, laquelle fut agréablement fécondée par un œuf d'hirondelle qu'en jouant elle déglutit). Quant au nom personnel du philosophe, Qiu, Marcel Granet prouva qu'il est en rapport, ainsi que faire se doit, avec la nature de celui qui le porte : ce mot veut dire « tertre » ; or Confucius avait le crâne relevé sur les bords et creux au centre, anomalie qui s'éclaire très bien si l'on se rappelle que sa mère, après avoir conclu avec un vieillard un mariage « disproportionné » – selon la traduction d'Alexis Rygaloff – s'en fut prier sur le tertre Ni qiu. Or ni signifie « tertre à sommet renversé, qui recueille les eaux ».

D'autres « preuves par l'étymologie » sont ainsi laïcisées dans les travaux de Granet. De sorte que, si Voltaire n'a point tort de célébrer en son idole un homme qui ne se donnait nullement pour un prophète, la sociologie contemporaine a raison de découvrir en lui un système d'allusions à toutes sortes de mythes. Les dates de sa vie elles-mêmes nous deviennent suspectes. Si Confucius naquit en 551, s'il avait cinquante ans lors de l'entrevue de Jiagu au cours de laquelle il transforma un traquenard en véritable paix, s'il mourut à soixante-douze ans, ne serait-ce point parce qu'il fallait qu'un si grand homme naquît cinq cents ans tout juste après le duc de Zhou, autre grand sage ; parce que cinquante ans, c'est en Chine l'âge de la plénitude, de la perfection, et que soixante-douze, dans le système classificatoire et protocolaire de la numération chinoise, constitue un repère d'importance capitale. Si donc Maître Kong naquit en 551, c'est peut [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 22 pages

Médias de l’article

Confucius

Confucius
Crédits : Hulton Getty

photographie

Shi Huangdi

Shi Huangdi
Crédits : Bridgeman Images

photographie

Afficher les 2 médias de l'article


Écrit par :

  • : ancien élève de l'École normale supérieure, professeur honoraire à l'université de Paris-IV

Classification

Autres références

«  CONFUCIUS & CONFUCIANISME  » est également traité dans :

BOUDDHISME (Les grandes traditions) - Bouddhisme japonais

  • Écrit par 
  • Jean-Noël ROBERT
  •  • 13 527 mots

Dans le chapitre « L'érudition d'Edo »  : […] L'époque d'Edo est remarquable par l'essor d'une sorte d'encyclopédisme bouddhique qui vit le jour dans plusieurs écoles. Les grands docteurs de l'époque rivalisèrent d'érudition non seulement dans la dogmatique de leur propre secte mais aussi dans les systèmes concurrents et la pensée extrabouddhique. Jamais l'idéal du kengaku-sō , du clerc versé dans l'ensemble des doctrines, ne fut aussi souven […] Lire la suite

CAODAÏSME

  • Écrit par 
  • Paul LÉVY
  •  • 1 288 mots

Le caodaïsme – ou bouddhisme rénové – apparaît d'emblée comme un amalgame assez étonnant. Il emprunte beaucoup au bouddhisme, particulièrement la doctrine de la réincarnation, mais doit aussi au taoïsme, au confucianisme, au christianisme. Il s'apparente d'autre part au spiritisme et à la théosophie. La religion caodaïste fut fondée en 1919 par Ngô Van Chiêu, délégué administratif pour l'île de P […] Lire la suite

CHINE - Histoire jusqu'en 1949

  • Écrit par 
  • Jean CHESNEAUX, 
  • Jacques GERNET
  •  • 44 675 mots
  •  • 50 médias

Dans le chapitre « La vie intellectuelle »  : […] L'expansion chinoise sous les Tang a pour effet un développement sans précédent des relations entre l'Asie orientale et les autres régions du continent : Asie centrale, Iran et Inde, pays de l'Asie du Sud-Est. Aux vii e - viii e  siècles, Chang'an est une ville cosmopolite où se coudoient Syriens, Arabes, Iraniens, Sogdiens, Turcs, Coréens, envoyés des royaumes de l'Inde et de l'Asie du Sud-Est. L […] Lire la suite

CHINE - Droit

  • Écrit par 
  • Jean-Pierre CABESTAN
  •  • 10 297 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « La tradition juridique chinoise »  : […] La tradition juridique chinoise est essentiellement pénale et mandarinale. En Chine, le droit a constamment eu pour fonction de maintenir l'ordre public et non de garantir les droits de l'individu face à l'État ou face aux autres individus. La loi ( fa ) définit les châtiments ( xing ) et investit les fonctionnaires de l'empereur d'un pouvoir sans limite pour les mettre en œuvre. Aux lois s'oppo […] Lire la suite

CHINOISE (CIVILISATION) - Symbolisme traditionnel et religions populaires

  • Écrit par 
  • Maxime KALTENMARK, 
  • Michel SOYMIÉ
  •  • 7 067 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Conceptions morales et politiques »  : […] Les conceptions morales divergent, comme il se doit, entre les diverses écoles philosophiques et aussi entre les divers milieux sociaux. Les confucianistes, en particulier, à la suite des ritualistes de l'époque féodale, ont dégagé les principes de la morale qui commandèrent durant des siècles les comportements privés et publics. Une vertu plus que n'importe quelle autre fut toujours unanimement […] Lire la suite

CHINOISE (CIVILISATION) - Bureaucratie, gouvernement, économie

  • Écrit par 
  • Pierre-Étienne WILL
  •  • 11 003 mots

Dans le chapitre « Recrutement, carrières, vie politique »  : […] Qu'il s'agisse de définir et de superviser des politiques sous-traitées à des acteurs non bureaucratiques ou de gérer directement la fiscalité, la justice, la politique monétaire, la défense, sans parler du personnel lui-même, toutes ces fonctions demandent une indéniable technicité. Les fonctionnaires choisis pour les assumer possèdent-ils les compétences requises, ou n'a-t-on que d'aimables (ou […] Lire la suite

CHINOISE (CIVILISATION) - La littérature

  • Écrit par 
  • Paul DEMIÉVILLE, 
  • Jean-Pierre DIÉNY, 
  • Yves HERVOUET, 
  • François JULLIEN, 
  • Angel PINO, 
  • Isabelle RABUT
  •  • 45 738 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « La réaction contre le néo-confucianisme et la critique philologique »  : […] Vers le début du xvii e siècle, une réaction avait commencé à se dessiner contre le néo-confucianisme des Song et des Ming, que des esprits vigoureux comme Gu Yanwu (1613-1682) rendaient responsable de la décadence des Ming et de la conquête de la Chine par les Mandchous. Gu Yanwu se proposa de rendre au confucianisme le sens des réalités. Il préconisa donc un confucianisme vécu, et tout d'abord […] Lire la suite

CHUNQIU [TCH'OUEN-TS'IEOU] ou LIVRE DES ANNALES

  • Écrit par 
  • Kristofer SCHIPPER
  •  • 452 mots

Œuvre classique de la Chine, le Chunqiu (littéralement : « les printemps et les automnes ») est le livre des Annales du pays de Lu (l'actuelle province du Shandong), la patrie de Confucius, pour la période qui s'étend entre ~ 722 et ~ 481. Le texte même n'est qu'une énumération extrêmement dépouillée des principaux événements classés dans un ordre chronologique et présentés de la manière suivant […] Lire la suite

CORÉE - Géographie

  • Écrit par 
  • Valérie GELÉZEAU, 
  • Jacques PEZEU-MASSABUAU
  •  • 1 829 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Aspects culturels contemporains  »  : […] Les 75 millions de Coréens (estimation en 2014) habitant aujourd'hui dans la péninsule forment un groupe ethnoculturel relativement homogène qui, suite aux migrations contemporaines (colonisation, migrations politiques et économiques consécutives à la guerre de Corée) est désormais relié à une diaspora (plus de 2 millions de Coréens aux États-Unis, autant en Chine, plus de 600 000 au Japon et envi […] Lire la suite

DAI ZHEN [TAI TCHEN] (1724-1777)

  • Écrit par 
  • Paul DEMIÉVILLE
  •  • 497 mots

Une des plus fortes têtes du xviii e  siècle chinois qui en compta tant, Dai Zhen, alias Dai Dongyuan, participa au grand mouvement de réforme du confucianisme qui s'attaquait au « néo-confucianisme » de l'école de Zhu Xi, devenu orthodoxie officielle depuis plusieurs siècles. Ses adversaires l'accusaient d'être entaché d'un transcendantalisme emprunté au taoïsme et, surtout, au bouddhisme indien, […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

 ETIEMBLE, « CONFUCIUS & CONFUCIANISME », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 13 octobre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/confucius-et-confucianisme/