C.G.T. (Confédération générale du travail)

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Lors du XXVIIe congrès, en 1948, Benoît Frachon insiste sur l'échec de la division syndicale : « La C.G.T. demeure la grande organisation d'unité de la classe ouvrière. » Néanmoins, le coup porté est sévère, avec une désyndicalisation importante. L'objectif qu'il fixe à l'action est de « liquider définitivement la scission ». Pour l'atteindre, les syndicats auront à cœur de pourchasser le « bureaucratisme » et d'assurer le plein épanouissement de la démocratie dans leurs rangs. Les propos du secrétaire général ne furent pas suivis des effets qu'il escomptait.

L'existence de F.O. est une donnée durable. La ligne d'action suivie par la centrale de la rue La Fayette n'a guère de risque de la mettre en cause : luttes revendicatives dures, combat contre le plan Marshall. La guerre froide a coupé le mouvement syndical laïque en deux tronçons, dont le plus important est animé par les communistes. Ces derniers s'appliquent à articuler défense du pouvoir d'achat et mobilisation pour la paix, se laissant entraîner parfois à privilégier les objectifs politiques aux dépens de la démarche syndicale. Les manifestations de mai 1952 contre « Ridgway la peste » et la grève du 4 juin pour la libération de Jacques Duclos isolent la C.G.T. de la masse des travailleurs hostiles à la confusion des genres. La direction perçoit les dangers de l'orientation suivie et remet l'accent sur les urgences économiques et l'action de masse. La C.G.T. prend une part active à la grève du secteur public qui éclate en août 1953.

À la sortie de la guerre froide, la C.G.T. est secouée par un débat interne sur la planification. La confédération avait adopté en 1953 un programme économique qui est récusé en 1955 parce qu'il menacerait l'indépendance syndicale par une soumission à une logique préconstruite. S'opposant à Pierre Le Brun, secrétaire réformiste qui plaide pour une responsabilité économique qui devrait inciter les syndicalistes à considérer les moyens de financement des revendications, Benoît F [...]

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Écrit par :

  • : maître assistant à la faculté des lettres et sciences humaines de Paris
  • : docteur en science politique, directeur de recherche à la Fondation nationale des sciences politiques

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Pour citer l’article

Jean BRUHAT, René MOURIAUX, « C.G.T. (Confédération générale du travail) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 22 octobre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/confederation-generale-du-travail/