C.F.E.-C.G.C. (Confédération française de l'encadrement-Confédération générale des cadres)

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Lobbying et action politique

Jusqu'aux années 1970, la C.G.C. est dominée par la figure d'André Malterre. Gaulliste, conservateur, partisan de l'Algérie française, cet ancien dirigeant des papeteries Darblay ancre la C.G.C. dans le paysage social et politique français comme un solide groupe de pression, qui oppose le lobbying auprès des parlementaires et des gouvernements aux formes traditionnelles de l'action revendicative. En mai 1968, dénonçant les séquestrations de cadres lors d'occupations d'usines, la C.G.C. se tient à l'écart du mouvement et rejette toute remise en cause du système de relations sociales, au contraire de la C.F.D.T. Cette attitude rapproche curieusement la C.G.C. de la C.G.T. lors de la conférence de Grenelle. André Malterre se félicite de l'esprit de responsabilité de la centrale ouvrière qui, écrira-t-il, ne « s'égare pas dans des considérations philosophiques [et] ne croit pas du tout à la possibilité actuelle d'une révolution en France ».

Mais la C.G.C. des années 1960 est aussi confrontée à l'affirmation de nouveaux cadres et, au-delà, d'une « nouvelle classe ouvrière », selon l'expression de Serge Mallet, que forment les catégories intermédiaires et techniciennes du salariat. Cette situation engendre divisions et dissidences au sein de la C.G.C. Des militants de la chimie, de la métallurgie ou de la banque lui reprochent son manque de combativité. En outre, la concurrence se fait plus vive avec les confédérations « généralistes » qui ont mis en place des structures spécifiques pour les cadres (U.C.C.-C.F.D.T., U.G.I.C.T.-C.G.T., U.C.I.-F.O.).

En 1980, des états généraux de l'encadrement, préparés par Paul Marchelli, traduisent une volonté d'ouverture. Cela explique l'adoption d'un nouveau sigle – C.F.E. (Confédération française de l'encadrement) – afin d'accueillir plus largement les cadres moyens et les salariés intermédiaires. Après 1981, la C.F.E. choisit égal [...]

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CAZETTES JEAN-LUC (1943-2005)

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Syndicaliste français. Né en Algérie alors française, Jean-Luc Cazettes y fait des études d'économie et inaugure sa carrière dans les assurances. En 1972, il entre dans le groupe pétrolier Antar, qui sera racheté par Elf quatre ans plus tard. En 1973, Cazettes adhère à la C.G.C. (Confédération générale des cadres) et en devient délégué syndical l'année suivante. Il monte vite dans la hiérarchie d […] Lire la suite

MALTERRE ANDRÉ (1909-1975)

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« Les cadres sont les mal aimés d'une société industrielle dont certains dirigeants se refusent d'abandonner le moindre de leurs privilèges, mais entendent obtenir le renoncement aux avantages du personnel d'encadrement, acquis par des années de lutte, espérant ainsi satisfaire, au détriment des cadres, les aspirations du monde ouvrier. » Tel est le diagnostic que portait André Malterre au milieu […] Lire la suite

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Les derniers événements

5 mars 2014 France. Relevé de conclusions des partenaires sociaux sur le « pacte de responsabilité »

C.F.E.-C.G.C. et la C.F.T.C. – majoritaires – pour les salariés conviennent de l'ouverture dans toutes les branches de négociations sur des « objectifs quantitatifs et qualitatifs en termes d'emploi », en échange de la baisse de 30 milliards d'euros de charges patronales. Le gouvernement salue la conclusion de cette feuille de route que la C.G.T. et […] Lire la suite

14 décembre 2013 France. Accord sur la réforme de la formation professionnelle

C.F.E.-C.G.C. pour les salariés, annoncent leur intention de signer l'accord. La C.G.P.M.E. et la C.G.T. s'y refusent.  […] Lire la suite

12 mars 2013 France. Signature de l'accord de compétitivité chez Renault

C.F.E.-C.G.C., la C.F.D.T. et F.O signent l'accord de compétitivité proposé par la direction de Renault. Celui-ci vise à réduire les coûts de production par la suppression de sept mille cinq cents postes, soit 15 p. 100 des effectifs, d'ici à 2016, par l'augmentation du temps de travail effectif, ainsi que par un gel des salaires en 2013. En échange […] Lire la suite

19 mars 2009 France. Journée d'action nationale

C.F.E.-C.G.C., C.F.T.C., C.G.T., F.O., F.S.U., Solidaires, U.N.S.A.) et portant notamment sur l'emploi et le pouvoir d'achat, rassemble, dans plus de deux cents villes en France, entre 1,2 million et 3 millions de personnes. La mobilisation, qui réunit plus de manifestants que le 29 janvier dernier, est « un grand succès » selon les syndicats. Le lendemain […] Lire la suite

18 février 2009 France. Sommet social à l'Élysée

C.F.E.-C.G.C.), et de trois organisations patronales (Medef, C.G.P.M.E. et U.P.A.). À l'issue de la réunion, le président Sarkozy annonce une série de mesures sociales dont le coût s'élèverait à 2,6 milliards d'euros pour l'État: la création d'un fonds d'investissement social, la suppression des deux derniers tiers provisionnels de l'impôt sur le revenu […] Lire la suite

Pour citer l’article

Dominique ANDOLFATTO, « C.F.E.-C.G.C. (Confédération française de l'encadrement-Confédération générale des cadres) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 octobre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/confederation-francaise-de-l-encadrement-confederation-generale-des-cadres/