C.F.E.-C.G.C. (Confédération française de l'encadrement-Confédération générale des cadres)

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La Confédération générale des cadres (C.G.C.) est une organisation syndicale fondée en 1944. Elle concrétise un projet social et politique de défense d'intérêts catégoriels et, plus encore, une vision des relations professionnelles, de la production et de la société, forgée dans les années 1930, qui fait des cadres les « fers de lance » de l'entreprise. C'est d'ailleurs au cours de cette période que le terme « cadre », emprunté au vocabulaire militaire – il désigne les officiers et sous-officiers –, est appliqué aux strates supérieures des salariés des entreprises. Il identifie alors un groupe social dont les intérêts sont pris en charge par diverses associations d'ingénieurs ou amicales professionnelles. Ces structures défendent d'abord un titre professionnel et un statut dans un contexte de crise économique et de luttes politiques qui tendent à les dévaluer. Ainsi, lors du Front populaire, la C.G.T. lance un « appel aux ingénieurs et techniciens de l'industrie française » et fonde une fédération pour les accueillir et renforcer l'unité face au patronat. De leur côté, les employeurs encouragent l'autonomisation des cadres lors de la négociation des conventions collectives afin de pérenniser un statut qui les distingue du reste du salariat et en ferait des alliés naturels.

Les cadres se retrouvent donc pris entre le marteau et l'enclume d'une vision binaire des relations sociales. Ils tentent de s'affirmer en tant que « classe moyenne ». Ce projet participe des débats sur le corporatisme et, plus largement, sur la modernisation qui traversent la période. En 1941, la charte du travail, promue par le régime de Vichy, officialise la notion de « cadres » avec la mise en place de comités sociaux tripartites (ouvriers, cadres, patrons) dans les branches et les entreprises.

Une « société » des cadres

À la Libération, les organisations de cadres tentent de promouvoir une fédération autonome qui transcende les appartenances syndicales à la C.G.T. ou à la C.F.T.C. (ou l'absence d'affiliations) et privilégie la dimension professionnelle. Mais la crainte d'être phagocyté par la C.G.T. est forte et, le 15 octobre 1944, une nouvelle confédération est créée, la C.G.C., qui regroupe les amicales et les structures préexistantes.

La C.G.C. des origines revendique 80 000 adhérents. Elle s'adresse à trois catégories d'adhérents : les cadres dirigeants, le personnel de maîtrise, les voyageurs-représentants-placiers (V.R.P.). En 1948, elle est reconnue comme « représentative » dans le personnel d'encadrement. Sur le plan idéologique, elle rejette la « lutte des classes » et le « maximalisme » de la C.G.T. et met l'accent sur « l'économie concertée », vue comme une « voie médiane entre l'économie libérale et l'économie étatique ».

La ligne d'action de la C.G.C. repose sur trois piliers : la reconnaissance d'une spécificité « cadre » dans toutes les conventions collectives, mais aussi pour la gestion de la protection sociale et des retraites, d'où, dès 1947, l'accord créant l'Association générale des institutions de retraite des cadres (A.G.I.R.C.) ; l'attachement à la hiérarchie des salaires et, au-delà, à une certaine conception de la société (qui exclut tout bouleversement de l'ordre social) ; l'obtention de mesures fiscales favorables à l'encadrement.

À travers ces objectifs, qui perdurent jusqu'à aujourd'hui, mais aussi un certain élitisme professionnel, les cadres de la C.G.C. se sont toujours distingués des syndicats dits ouvriers. Plus qu'une « communauté », aux liens spontanés ou émotionnels, ils composent une « société » rationnelle et utilitariste.

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, C.F.E.-C.G.C.), et de trois organisations patronales (Medef, C.G.P.M.E. et U.P.A.). À l'issue de la réunion, le président Sarkozy annonce une série de mesures sociales dont le coût s'élèverait à 2,6 milliards d'euros pour l'État: la création d'un fonds d'investissement social, la suppression des deux derniers tiers provisionnels de l'impôt sur le revenu pour les ménages figurant dans la première tranche d'imposition, le versement d'une prime exceptionnelle de 500 euros à tous les demandeurs d'emploi ayant travaillé entre deux et quatre mois au cours des vingt-huit derniers mois ainsi que d'une prime exceptionnelle de 150 euros aux trois millions de familles bénéficiant de l'allocation de rentrée scolaire et l'attribution de bons d'achat de services à la personne à hauteur de 200 euros par foyer sous conditions. […] Lire la suite

Pour citer l’article

Dominique ANDOLFATTO, « C.F.E.-C.G.C. (Confédération française de l'encadrement-Confédération générale des cadres) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/confederation-francaise-de-l-encadrement-confederation-generale-des-cadres/