Concerto grosso op. 6 n° 8, CORELLI (Arcangelo)

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Auteur

Arcangello Corelli accomplit la quasi-totalité de sa carrière à Rome, où il acquiert la célébrité comme violoniste virtuose, maître de chapelle et compositeur. Curieusement, à l'encontre de tous ses contemporains italiens, il n'écrira jamais pour la voix. Son catalogue, qui ne comprend donc ni musique sacrée ni opéra, est riche de six recueils de douze œuvres pour son instrument ; dans les cinq premiers, publiés entre 1681 et 1700, on trouve des sonates. Corelli meurt un an avant que les douze concerti grossi de son opus 6 ne soient édités à Amsterdam.

Genre - Concerto grosso

Le concerto grosso fait appel à trois éléments : un violon principal, un ensemble restreint d'instrumentistes, appelé concertino, et un ensemble d'instrumentistes plus important, assimilable à l'orchestre et que l'on dénomme grosso, ou ripieno, ou encore tutti. S'il n'est pas le véritable inventeur du concerto grosso, que l'on attribue généralement à Alessandro Stradella (1644-1682), Corelli va lui conférer ses lettres de noblesse.

Forme

Les concerti grossi de Corelli sont tous écrits pour un concertino de deux violons et un violoncelle, et pour un ripieno de deux violons, un alto et une basse. Les huit premiers sont des concertos dits d'Église, forme relativement stricte présentant des mouvements lents et solennels ; les quatre derniers sont des concertos dits de chambre, à la structure plus souple, accordant plus d'importance aux mouvements de danse. Le huitième, «Pour la nuit de Noël», comporte cinq mouvements complétés par une pastorale.

Esthétique

En réaction contre la virtuosité excessive qui sévissait en son temps, Corelli est le fondateur d'une école de violon qui se perpétuera, grâce à ses élèves (parmi lesquels Francesco Geminiani, 1687-1762, et Giovanni Battista Sammartini, 1700-1775), jusqu'à Giovanni Battista Viotti (1755-1824) et Pierre Rode (1774-1830). Les caractéristiques du style violonistique de Corelli se retrouvent évidemment dans le traitement de ses œuvres : écriture novatrice, grande richesse mélodique, équilibre, sensibilité, expressivité.

Langage

Ce concerto annonce la future forme sonate par la réexposition du thème faisant suite au développement central. Le sixième mouvement - un largo (pastorale) - fait usage du mode majeur pour clore une œuvre écrite en mineur, ce qui est suffisamment exceptionnel pour être souligné. Le deuxième mouvement (adagio, allegro, adagio) manifeste le génie mélodique de Corelli.

—  Alain FÉRON

Écrit par :

  • : compositeur, critique, musicologue, producteur de radio

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Pour citer l’article

Alain FÉRON, « Concerto grosso op. 6 n° 8, CORELLI (Arcangelo) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 05 août 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/concerto-grosso-op-6-n-8-corelli-arcangelo/