COMMEDIA DELL'ARTE

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Formes et structures

Une troupe de commedia dell'arte comprend en moyenne, selon l'époque et en proportion de ses possibilités financières, de dix à vingt acteurs : ceux-ci ont à incarner des personnages fort divers, mais qui peuvent se réduire à un petit nombre de types fondamentaux, présents obligatoirement dans tous les scénarios. Le schéma de ces emplois constants se présente en général de la manière suivante : deux vieillards, un capitan, deux jeunes premiers amoureux, deux jeunes premières amoureuses, deux valets, une ou deux soubrettes. Ces types, fortement caractérisés, sont en réalité nuancés à l'infini, en fonction de leur origine locale, du tempérament des comédiens qui les incarnent et des canevas en circulation. À chacun de ces types correspondent en propre un costume, un masque de cuir qui épouse étroitement les lignes du visage, et des accessoires significatifs, comme la batte d'Arlequin ; seuls les jeunes premiers et les rôles féminins sont vêtus à la mode du jour et portent un simple loup. À ce personnel dramatique ordinaire, il faut encore ajouter des acrobates, des danseuses, des chanteuses et, à partir du xviiie siècle, des caratterista (emploi caractéristique et marginal, rajouté en fonction du public de la représentation) : tous ces artistes ne jouent aucun rôle dans la pièce proprement dite, mais ils ont à pourvoir aux nombreux hors-d'œuvre qu'elle ne manque jamais de comporter.

L'un des deux vieillards est traditionnellement un riche et avare marchand (c'est le Vénitien Pantalon, dit Magnifico, ou le Sicilien Il Barone, ou encore Cassandro), tandis que l'autre représente un docte pédant et ridicule, de noir vêtu, sous la dénomination d'Il Dottore (le Docteur), originaire de Bologne. Le Capitan, homme de guerre fanfaron et couard, qui est parfois réduit à jouer les valets comme Scaramuccia (Scaramouche), apparaît sous la défroque de Spavento, Rinoceronte, Spezzafer, Fracassa, Cocodrillo, ou de l'Espagnol Matamoros, selon le canevas. Les valets (zanni), tous les de [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 4 pages

Médias de l’article

La Comédie italienne, A. Watteau

La Comédie italienne, A. Watteau
Crédits : courtesy National Gallery of Art, Washington

photographie

Sacha Guitry et Yvonne Printemps

Sacha Guitry et Yvonne Printemps
Crédits : Hulton Getty

photographie

Afficher les 2 médias de l'article


Écrit par :

  • : agrégé des lettres classiques et docteur ès lettres, ancien élève de l'École normale supérieure, professeur à l'université de Paris-X-Nanterre

Classification

Autres références

«  COMMEDIA DELL'ARTE  » est également traité dans :

COMMEDIA DELL'ARTE - (repères chronologiques)

  • Écrit par 
  • Christian BIET
  •  • 440 mots

Milieu du xvie siècle En Italie, des associations de particuliers se forment dans le but de faire du théâtre.Seconde moitié du xvie siècle Les troupes de la commedia dell'arte se répandent en Espagne, en F […] Lire la suite

APPARITION DE LA COMMEDIA DELL'ARTE

  • Écrit par 
  • Christian BIET
  •  • 228 mots

La commedia dell'arte est d'abord le théâtre de l'art, du métier, autrement dit un artisanat de théâtre produit par des professionnels regroupés en troupe et jouant le plus souvent à la cour ou dans des théâtres fixes. Ce phénomène théâtral s'établit sur deux siècles et demi (de la seconde moitié du xvie […] Lire la suite

ATELLANES, théâtre

  • Écrit par 
  • Alain LABROUSSE
  •  • 210 mots

Farces du théâtre latin. Il s'agissait probablement de comédies rustiques improvisées, jouées par des caractères masqués. Ces farces tiraient leur nom de la ville d'Atella en Campanie, et il semble qu'elles soient nées parmi les populations italiques parlant le dialecte osque. Dans la Rome antique, elles devinrent un divertissement populaire sous la République et au début de l'Empire ; elles étaie […] Lire la suite

BEAUMARCHAIS PIERRE-AUGUSTIN CARON DE (1732-1799)

  • Écrit par 
  • Pierre FRANTZ
  •  • 4 175 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « La dernière fête : ambiguïtés et audaces »  : […] L'audace politique de la trilogie de Figaro, et surtout celle du Mariage , n'a pas frappé que les contemporains (Danton disait qu'il avait « tué la noblesse »). C'est la valeur subversive de cette pièce qui l'a portée, contre toutes les hypocrisies de l'ordre politique et moral, à travers le xix e siècle. Elle tient à l'étincelante fête de mots décochés contre l'ordre privilégié et contre les abu […] Lire la suite

CANEVAS, théâtre

  • Écrit par 
  • Armel MARIN
  •  • 226 mots

Au xvi e siècle, avec la commedia dell'arte, les Italiens donnent à la vieille tradition de la farce un développement remarquable. Les acteurs doivent développer avec verve sur un canevas un dialogue improvisé entre des personnages stéréotypés. Théâtre de professionnels, la commedia dell'arte favorise la mise en scène de situations dynamiques : l'acteur est roi, tout est jeu. Le sujet compte peu […] Lire la suite

CAPITAN

  • Écrit par 
  • Nicole QUENTIN-MAURER
  •  • 85 mots

Personnage de la comédie italienne, prototype du militaire fanfaron mais poltron. Capitan est le descendant du miles gloriosus latin, personnage des comédies de Plaute ; à l'origine, c'est une parodie des mercenaires français et espagnols qui sillonnaient l'Italie au xvi e  siècle. Ce caractère de pleutre arrogant et bravache se retrouve chez différents personnages de la scène comique, en France […] Lire la suite

CARNAVAL

  • Écrit par 
  • Annie SIDRO
  •  • 6 181 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Arlequins et pailhasses, avatars de l'homme sauvage »  : […] Parmi les figures médiatrices du carnaval, héritières lointaines de l'homme sauvage, nous rencontrons au fil du temps, de la période médiévale à nos jours, Herlechinus, Herlequin, Harlequin, Petasson, Pailhasse, Paillassou, Arlequin. L'épopée de Herlequin, « conducteur des âmes errantes », vêtu en diable, ou en homme sauvage souvent feuillu comme Valentin l'Ourson, toujours armé de sa massue, acco […] Lire la suite

COLOMBINE

  • Écrit par 
  • Nicole QUENTIN-MAURER
  •  • 130 mots

Personnage de la comédie italienne et des théâtres forains. Colombine est parfois la fille de Pantalon, parfois celle de Cassandre, souvent courtisée par des vieillards amoureux ; tour à tour la maîtresse et la femme d'Arlequin, ou de Pierrot, elle est toujours une soubrette vive, vêtue de blanc, coiffée d'un petit bonnet et portant le tablier vert qui la fait reconnaître. Vers la fin du xvii e s […] Lire la suite

COMÉDIE

  • Écrit par 
  • Robert ABIRACHED
  •  • 5 416 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « L'entrée en littérature »  : […] Mais, aux alentours de 1630, voici que l'évolution se précipite soudain. L'aristocratie commence à se policer et à s'intéresser aux débats littéraires et philosophiques ; les femmes prennent une place de plus en plus importante dans la société ; des salles de théâtre se créent, encore mal équipées, mais animées par des troupes de premier ordre qui s'y fixent en permanence. Les nouveaux théoriciens […] Lire la suite

COMÉDIE ITALIENNE, cinéma

  • Écrit par 
  • Jean A. GILI, 
  • Gérard LEGRAND
  •  • 3 510 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Origines et composantes »  : […] L'expression même de « comédie italienne » prête à confusion. On a dit d'abord et on dit encore « comédie à l'italienne ». Or, dans la péninsule, l'expression all'italiana est familière, voire péjorative. C'est une allusion à la routine, aux compromis, au laisser-aller qui caractérisent les Italiens, selon les étrangers et souvent selon les Italiens eux-mêmes. Elle était employée par les critiqu […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Robert ABIRACHED, « COMMEDIA DELL'ARTE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 novembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/commedia-dell-arte/