COLLOÏDES

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Systèmes à l'équilibre thermodynamique

Les systèmes colloïdaux qui sont réellement à l'équilibre thermodynamique, c'est-à-dire qui correspondent à des systèmes parfaitement stables, sont principalement des solutions de molécules dites amphiphiles. Les molécules amphiphiles, ou tensioactifs, sont des molécules qui possèdent une partie soluble dans l'eau constituée d'un groupe polaire (partie hydrophile) et une autre partie soluble dans l'huile correspondant généralement à une ou plusieurs chaînes aliphatiques (partie lipophile ou hydrophobe). Ce caractère amphiphile que possèdent ces molécules est à l'origine de l'une de leurs propriétés les plus importantes : celle de s'associer en milieu aqueux pour constituer des particules colloïdales.

La forme et la taille de ces agrégats dépendent des propriétés des molécules qui les constituent et peuvent prendre des aspects divers. Plus précisément, les tailles respectives de la partie polaire et de la partie aliphatique des molécules permettent de mieux comprendre la forme des agrégats. Pour cela, il faut considérer la courbure de l'interface formée par l'ensemble de ces molécules à la jonction des parties polaire et non polaire de l'objet. Cette notion de courbure, très importante, est connue sous le nom de H.L.B. (Hydrophilic Lipophilic Balance ; équilibre hydrophile-lipophile) : c'est une échelle permettant de classifier les tensioactifs non ioniques selon leurs propriétés. Ainsi on a pu caractériser des micelles sphériques, objets de taille finie dont l'interface est très courbée ; des micelles cylindriques dont la longueur peut atteindre plusieurs micromètres, avec une interface modérément courbée ; et enfin des membranes qui sont des objets faits de bi-couches de tensioactifs dont la courbure de l'interface est nulle. Lorsque de l'huile est ajoutée à l'eau et au tensioactif, on peut obtenir des microémulsions. Quelle que soit la forme de ces agrégats, ces systèmes en solution sont à l'équilibre thermodynamique : de ce fait, il existe un échange continuel des molécules d'un agrég [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 10 pages

Écrit par :

  • : directeur de recherche au C.N.R.S., centre de recherche Paul-Pascal, Pessac

Classification

Autres références

«  COLLOÏDES  » est également traité dans :

ABSORPTION VÉGÉTALE

  • Écrit par 
  • René HELLER, 
  • Jean-Pierre RONA
  •  • 4 470 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre « Formes des éléments absorbés »  : […] Dans la phase liquide, le végétal absorbe les éléments du sol sous forme d'ions : par exemple, pour le potassium (K), ce n'est pas l'élément K qui est utilisé par la plante, mais le cation K + , provenant d'un sel de potassium dissocié dans l'eau (KCl, KNO 3— , K 2 SO 4 2— , ...). Ces ions peuvent être dissous dans la solution nutritive, adsorbés par des colloïdes (fig. 1) ou chélatés , c'est-à-d […] Lire la suite

AGRÉGATS, physico-chimie

  • Écrit par 
  • Jean FARGES, 
  • Rémi JULLIEN
  •  • 1 608 mots
  •  • 7 médias

Dans le chapitre « Agrégats colloïdaux »  : […] Les colloïdes sont des billes solides, électriquement chargées, en suspension dans un liquide. À cause de leurs charges de surface, ces sphères se repoussent, ce qui confère une remarquable stabilité à la suspension. Cependant, lorsqu'on introduit des ions de charge opposée dans la solution, ceux-ci viennent se regrouper autour des colloïdes pour former un écran électrostatique. Cela permet de re […] Lire la suite

CENTRIFUGATION

  • Écrit par 
  • Jean LEMERLE
  •  • 1 802 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Particules soumises à un champ centrifuge »  : […] En l'absence d'agitation, des particules dispersées dans un fluide sont soumises, d'une part, aux forces de pesanteur qui tendent à les faire se rassembler au fond du récipient et, d'autre part, à la poussée d'Archimède qui tend à les faire remonter à la surface : le mouvement des particules dépend donc de l'intensité relative de ces forces. Si elles sont égales, les particules flottent, si la pe […] Lire la suite

ENZYMES - Histoire de la notion

  • Écrit par 
  • Gabriel GACHELIN
  •  • 2 467 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre « Historique de la notion d’enzyme »  : […] L'histoire des enzymes et de leur science, l'enzymologie, ne remonte guère avant le début du xix e  siècle. Certes, on connaissait auparavant les modifications de la matière organique par des extraits animaux ou végétaux, l'action des sucs digestifs sur les aliments ou sur la coagulation du lait. Les fermentations étaient connues depuis bien plus longtemps encore. Cela ne signifie pas que l’on ait […] Lire la suite

INTERFACES

  • Écrit par 
  • Simone BOUQUET, 
  • Jean-Paul LANGERON
  •  • 8 284 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre « Interface fluide-fluide »  : […] Les interfaces liquide-liquide sont lisses et de courbure régulière. La condition d'existence d'une interface liquide-liquide est que chacun des fluides soit saturé en l'autre fluide. En effet, si deux liquides se comportent de telle façon que des molécules de l'un puissent se substituer à des molécules de l'autre sans que les forces d'interaction soient modifiées, les deux liquides sont miscible […] Lire la suite

MICELLES

  • Écrit par 
  • Raoul ZANA
  •  • 681 mots
  •  • 1 média

Objets submicroscopiques constitués par l'association de quelques dizaines de molécules, les micelles (du latin mica  : grain) se forment, au-dessus d'une certaine concentration, dans les solutions aqueuses de composés divers dits amphiphiles. Les composés amphiphiles sont caractérisés par une structure moléculaire qui comporte une ou des parties hydrophiles (ayant une forte affinité pour l'eau) e […] Lire la suite

PROTÉINES (histoire de la notion)

  • Écrit par 
  • Pierre VIGNAIS
  • , Universalis
  •  • 2 491 mots
  •  • 4 médias

Dans le chapitre « Propriétés physico-chimiques des protéines »  : […] À la fin du xix e  siècle, un biochimiste anglais de Cambridge, William Bate Hardy, découvre que les protéines sont porteuses de charges électriques et qu'elles migrent dans un champ électrique en fonction du pH du milieu. Cette migration entre une anode et une cathode, initialement appelée « cataphorèse », sera par la suite dénommée « électrophorèse ». Les protéines sont désormais considérées co […] Lire la suite

SVEDBERG THEODOR (1884-1971)

  • Écrit par 
  • Georges BRAM, 
  • Universalis
  •  • 658 mots

Theodor Svedberg est un physico-chimiste né à Valbo, en Suède, le 30 août 1884. Brillant étudiant en physique et en chimie, il rejoint en 1904 l’université d’Uppsala, pour y étudier des substances appelées colloïdes. À cette époque, ces dernières sont alors connues pour être des protéines associées aux activités enzymatiques, mais il reste encore à savoir si les diverses protéines et enzymes sont […] Lire la suite

THIXOTROPIQUES BOUES

  • Écrit par 
  • Michèle LE GOAZIGO
  •  • 588 mots

Dans la classification de J. Bourcart, boues et vases font partie de l'ensemble des poudres, particules de diamètre compris entre 1 et 20 micromètres. Ces sédiments visqueux, homogènes, aux couleurs variées, souvent assez foncées, couvrent le fond des lacs, des étangs, des canaux, des rivières et de grandes étendues du plateau continental. Ensembles complexes, le plus souvent argileux, ils sont fo […] Lire la suite

ZSIGMONDY RICHARD ADOLF (1865-1929)

  • Écrit par 
  • Georges BRAM
  •  • 286 mots

Chimiste allemand né à Vienne et mort à Göttingen. Zsigmondy commence ses études de chimie dans sa ville natale et les poursuit à Munich où il obtient son doctorat en 1889. Assistant à l'université de Berlin, il s'intéresse aux couleurs produites par les solutions colloïdales d'or appliquées sur la porcelaine. En 1893, il revient en Autriche occuper un poste de maître de conférences à Graz. De 189 […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Didier ROUX, « COLLOÏDES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 septembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/colloides/