COLETTE (1873-1954)

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Vers l'équilibre

Les quelques années qui précèdent la Première Guerre mondiale sont, pour la femme et l'écrivain, des années de crise, La Retraite sentimentale (1907) et Les Vrilles de la vigne (1908) en sont la preuve. Le premier chapitre de cette œuvre est essentiel : sous une forme symbolique, Colette exprime tout à la fois la crainte de retomber prisonnière et la joie d'avoir trouvé les moyens de sortir de captivité.

Elle trouve l'équilibre sentimental auprès d'Henry de Jouvenel, qu'elle épouse en 1912. Aux côtés de son mari, elle collabore au Matin : contes, chroniques, comptes rendus dramatiques. C'est une nouvelle façon de saisir le temps et de voir les hommes. Les titres de ces recueils sont éloquents : Les Heures longues (1917), Dans la foule (1918), Aventures quotidiennes (1924). Colette s'adonne avec scrupule et passion à son métier de journaliste.

En 1913 naît l'enfant que l'œuvre immortalise sous le nom de Bel-Gazou. La maternité : encore une expérience. Colette est mère de la façon la plus animale : avec une sorte de joie entière et féroce dans la gestation, puis sans passion dès que le jeune animal – homme ou bête – peut se suffire à lui-même. La maternité est peut-être l'un des sujets où l'on saisit le mieux que Colette peintre des hommes est inséparable de Colette peintre des bêtes.

Plus tard, elle allait trouver un équilibre social définitif : célèbre, aimée, entourée de soins par son dernier mari, Maurice Goudeket, tout eût pu lui sourire si elle ne se fût progressivement trouvée amoindrie par une paralysie qui la tint clouée à son lit, une sorte de radeau, comme elle se plaisait à le dire non sans un humour cruel.

Alors, tout l'intérêt se concentra dans la connaissance de soi, dans l'observation des autres et dans le perpétuel tête-à-tête avec la mort. Pour cette femme, qui se construisait depuis des années une sagesse à la Montaigne, mourir était une formalité sans importance, puisque sans ouverture sur un au-delà, sinon très vague, les problèmes religieux ne l'ayant jamais troublée. Elle mourut le 3 août 1954 (à Paris), et fut cause que l'Église e [...]

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Pour citer l’article

Louis FORESTIER, « COLETTE (1873-1954) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 29 juillet 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/colette/