COLETTE (1873-1954)

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La ruche aux souvenirs

Au plus profond d'elle-même, l'écrivain Sidonie Gabrielle Colette retrouve toujours le pays où elle est née le 28 janvier 1873 et où elle a vécu ses vingt premières années, jusqu'à son mariage. Ce pays, c'est la Puisaye, dans l'Yonne, aux confins de la Bourgogne. Elle l'évoque dans son premier livre, Claudine à l'école (1900), et inclut dans l'un de ses derniers (En pays connu,1950) un chapitre intitulé « Ma Bourgogne pauvre ». Le pays se réduit essentiellement à la maison natale de Saint-Sauveur, celle dont il est question dans La Maison de Claudine (1922) et Sido (1929). Ces romans nous éclairent sur le sens que Colette donne à la province dans son œuvre. Il importe peu qu'il s'agisse de la Bourgogne, ou du Morvan, ou de la Provence, des Monts-Boucons ou de la Treille-Muscate. Pour l'écrivain, la maison provinciale est l'arpent de pureté préservée, l'enfance retrouvée ; elle est le lieu privilégié où, comme Antée, elle reprend force. Comme elle le dit elle-même, elle y apprend à vivre.

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La maison – au moins la seule qui compte : celle de Saint-Sauveur – ne vaut pas seulement parce qu'elle est le lieu privilégié où s'équilibrent les vents issus « de tous les points cardinaux ». Le fantôme d'êtres plus ou moins chers hante ce palais du souvenir. Colette n'aime guère sa demi-sœur ; en revanche, elle fait preuve de la plus vive affection pour ses frères : pour « l'aîné sans rivaux », comme pour le cadet, « le sylphe » ; à leur suite, elle découvre les charmes du mystère et de l'inconnu.

Bien que plusieurs pages lui aient été consacrées, le père ne tient une place considérable ni dans l'œuvre ni dans la vie de Colette : elle fait la juste mesure de ce qu'elle lui doit et, plus encore, de ce qu'il ne pouvait lui donner, ne le possédant pas lui-même : le goût de la nature et l'amour des bêtes.

Au sommet du panthéon familial trône Sidonie Landoy, la mère, familièrement baptisée « Sido ». Colette tient d'elle une sorte d'innocence naturelle, un don d'émerveillement et une rare puissance de compréhension. Le visage [...]

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Louis FORESTIER, « COLETTE (1873-1954) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 24 juillet 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/colette/