CIRQUE PLUME

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Poésie et virtuosité

Une dizaine de spectacles vont suivre, au rythme d’un nouveau tous les deux ou quatre ans : Spectacle de cirque et de merveilles en 1988 ; Le Jongleur de l'arc-en-ciel en 1989 ; No Anima Mas Anima en 1990 (qui lui vaut de recevoir le grand prix national du cirque). Suivront Toiles en 1993, L'Harmonie est-elle municipale? en 1996, Mélanges (opéraplume) en 1999, Récréation en 2002, Plic Ploc en 2004, L’Atelier du peintre en 2009, et Tempus fugit ? en 2013. Financée à hauteur de 87 p. 100 par la compagnie elle-même (les 13 p. 100 restant correspondent à des subventions versées par l’État, la région Franche-Comté, le département du Doubs et la ville de Besançon), chaque création est exploitée sur une durée de plusieurs années, en France et à l’étranger – Allemagne, Pays-Bas, États-Unis, Maroc, Espagne, Portugal…

C’est avec Tempus fugit ? que le Cirque Plume a fêté ses trente ans de création. Magistrale synthèse, le spectacle renvoie par son titre à ce qu’en horlogerie on appelle le « chemin perdu » – celui qui sépare le « repos » et la « chute », le « tic » et le « tac ». Au cœur de cet intervalle magique qui échappe au temps normé de la société, une douzaine d’artistes et de musiciens invitent à un voyage dans un pays merveilleux où l’âge adulte et celui de l’enfance ne font qu’un. Accompagnés de malicieux intermèdes clownesques, soutenus par les accords de musiques jazz, pop, rock, world, flamenco, etc., ils abolissent les frontières entre le ciel et la terre, défient les lois de la gravité et de l’espace avec une virtuosité stupéfiante. Une funambule danse et fait le grand écart sur son fil ; une trapéziste tournoie sur elle-même; une équilibriste se juche sur des tubes, tête en bas ; un acrobate virevolte dans sa grande roue aux allures d’immense cerceau... Par à-coups, ressurgissent des effets et des numéros anciens, échappés du répertoire : jeux d’ombres chinoises et de parapluie, violoniste qui s'envole dans le ciel… Un soleil rouge se promène sur un rideau. Progressivement, il rapetisse jusqu’à se métamorphoser en balle d’enfant. Un clown l’apprivoise et le pique sur son nez. Des premières séquences au charivari final en fanfare, tout n’est que poésie et grâce, humour et imagination.

L’enchantement est là, l’émotion reste intacte, comme au tout début du Cirque Plume.

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Écrit par :

  • : journaliste, responsable de la rubrique théâtrale à La Croix

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Pour citer l’article

Didier MÉREUZE, « CIRQUE PLUME », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 30 avril 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/cirque-plume/