CINQUIÈME RÉPUBLIQUELa période post-gaullienne (1969-1981)

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La « petite alternance » avec Valéry Giscard d'Estaing (1974-1981)

Avec la victoire de Valéry Giscard d'Estaing à l'élection présidentielle de 1974, les gaullistes perdent la présidence de la République. C'est en quelque sorte une « petite alternance » qui se réalise, le pouvoir étant désormais exercé par celui qui n'était jusque-là qu'un partenaire minoritaire et parfois critique dans la coalition au pouvoir.

L'élection du « compagnon de route »

Douze personnes vont présenter leur candidature à l'élection présidentielle des 5 et 19 mai, mais trois seulement recueilleront un fort soutien. Plusieurs leaders de la majorité ont envisagé de se présenter. Deux vont très vite renoncer : Pierre Messmer, Premier ministre en exercice, et Edgar Faure, président de l'Assemblée nationale depuis 1973, ministre de l'Éducation nationale à partir de 1968, pendant longtemps notable radical, qui pouvait espérer rallier le centre gauche à la majorité. Vont rester comme principaux candidats issus de la majorité Jacques Chaban-Delmas et Valéry Giscard d'Estaing.

Jacques Chaban-Delmas, 1975

Photographie : Jacques Chaban-Delmas, 1975

Jacques Chaban-Delmas, député de Bordeaux, en 1975. 

Crédits : Keystone/ Hulton Archive/ Getty Images

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Valéry Giscard d'Estaing, ministre d'État, ministre de l'Économie et des Finances, leader des Républicains indépendants, a très généralement soutenu le gaullisme, tout en le critiquant également souvent fortement. Estimant que son heure n'avait pas encore sonné, il ne s'était pas présenté en 1969, après avoir directement contribué à l'échec référendaire du général de Gaulle. Il avait alors préféré appuyer la politique d'ouverture de Georges Pompidou. Il annonce sa candidature pour donner à la France une « majorité élargie ».

Jacques Chaban-Delmas incarne la continuité du gaullisme et obtient le soutien officiel de l'U.D.R. dont il a d'ailleurs repris le contrôle à la fin de l'année 1973. Il obtient aussi l'appui des centristes ralliés dès 1969 au pompidolisme, mais pas du Centre démocrate de Jean Lecanuet qui lui préfère le ministre des Finances. De plus, chez les gaullistes, le soutien au chantre de la nouvelle société est loin d'être unanime. Certains, tout particulièrement Jacques Chirac, vont en fait manifester publiquement leurs réticences et chercher à le déstabiliser au profit de Valéry Giscard d'Estaing, qui leur semble plus à même d'unir la droite et le centre contre une gauche menaçante. On a pu parler d'une trahison du candidat R.P.R. par une partie des siens.

La gauche se présente unie, les trois partenaires du programme commun, P.C.F., P.S. et M.R.G. investissant très vite François Mitterrand, qui reçoit aussi l'appui de la C.G.T., de la C.F.D.T., de la F.E.N. et même du P.S.U. Tout au long de la campagne, le candidat cherche à rassurer un électorat modéré de centre gauche, là où il peut le plus gagner des voix. Les réformes doivent avoir lieu dans le calme et la sérénité, les nombreuses mesures économiques et sociales qu'il propose ne seront réalisées que progressivement, le désarmement nucléaire sera recherché par la négociation internationale et non pas dans un processus immédiat et unilatéral. Les communistes appuient cette modération et ne réclament qu'une place limitée dans un futur gouvernement d'union.

Les deux candidats de la majorité n'ont pas des programmes très différents, ils veulent tous deux incarner l'ouverture et le changement, tous deux annoncent des mesures sociales, ils veulent donner plus de pouvoir aux collectivités locales, ils se disent également européens. Leurs programmes sont donc fort proches, c'est plutôt leur image et leur style qui les distinguent. Mais assez vite, avec la publication de sondages, il apparaît que le ministre en exercice voit monter son score tandis que l'ancien Premier ministre voit chuter le sien. Son style réformiste semble avoir fait peur à beaucoup d'électeurs modérés et conservateurs.

Le résultat du premier tour montre d'abord une très forte mobilisation des citoyens puisque l'abstention n'est que de 15,8 p. 100. François Mitterrand arrive largement en tête, avec un très bon 43,2 p. 100 des suffrages. Valéry Giscard d'Estaing vient en second avec 32,6 p. 100 alors que Jacques Chaban-Delmas doit se contenter d'un maigre 15,1 p. 100. L'électorat a souvent préféré le compagnon de route du gaullisme à son représentant officiel. Les neuf autres candidats doivent se contenter de 9 p. 100 des suffrages. Le second tour s'annonce serré, tout se jouant dans les reports de voix, notamment ceux du c [...]

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Georges Pompidou

Georges Pompidou
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France : l'élection présidentielle de 1969

France : l'élection présidentielle de 1969
Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Jacques Chaban-Delmas, 1975

Jacques Chaban-Delmas, 1975
Crédits : Keystone/ Hulton Archive/ Getty Images

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Raymond Barre

Raymond Barre
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  • : professeur émérite de science politique à Sciences Po Grenoble, chercheur au laboratoire Pacte (UMR 5194, CNRS/ université Grenoble Alpes/Sciences Po Grenoble)

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Pierre BRÉCHON, « CINQUIÈME RÉPUBLIQUE - La période post-gaullienne (1969-1981) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/cinquieme-republique-la-periode-post-gaullienne-1969-1981/