CINÉMA (Réalisation d'un film)Photographie de cinéma

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Retour à la lumière naturelle

En 1941, avec son opérateur Gregg Toland, Orson Welles (Citizen Kane) revenait à la fois à un certain expressionnisme de la lumière, mais en transformait le sens totalitaire par le recours au plan-séquence et surtout à la profondeur de champ. Ce dernier procédé, le plus important, permettait, à l'aide de nouveaux objectifs, de retrouver une netteté à tous les niveaux de profondeur de l'image et de redonner le sentiment au spectateur de ne plus être enfermé dans un réseau de pressions dramatiques et signifiantes auxquelles il ne pouvait échapper. Mais la véritable révolution fut d'abord apportée par le néo-réalisme italien, repris par la Nouvelle Vague française. Les Italiens, par le simple fait de tourner dans la rue, retrouvaient les aléas de la lumière du monde, une lumière qui n'est dotée, a priori, d'aucune intention dramatique ou signifiante. Les grands opérateurs de la Nouvelle Vague, de Raoul Coutard à Nestor Almendros, ont pour idéal de ne pas éclairer du tout et pour principe pratique d'éclairer le moins possible, ce qui implique des conditions techniques et des lieux qui le permettent. L'apparition de caméras légères et de pellicules ultrasensibles permet cette évolution, par ailleurs largement influencée par le développement de la télévision. Mais il s'agit moins d'une question de style, de réalisme ou de naturalisme en réaction contre l'académisme des années 1950, que d'éthique : ne pas contredire la lumière du monde, placer l'action dramatique dans la lumière – indifférente, insignifiante – où elle se déroulerait dans la réalité. Le principe défini par Nestor Almendros, en particulier dans les films d'Éric Rohmer (La Collectionneuse, La Marquise d'O, Pauline à la plage...), consiste à respecter au maximum les sources naturelles d'éclairage en évitant toute lumière qui n'appartiendrait pas au monde du film.

François Truffaut

Photographie : François Truffaut

Photographie

François Truffaut sur le tournage de L'Enfant sauvage, en 1969. Dans ce film, le réalisateur interprète le rôle du docteur Itard qui tente de faire un « être humain » de Victor, l'enfant sauvage de l'Aveyron. 

Crédits : Santi Visalli/ Getty Images

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Le chef opérateur, maître de la lumière, Pierre-William Glenn

Le chef opérateur, maître de la lumière, Pierre-William Glenn
Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Georges Méliès

Georges Méliès
Crédits : Henry Guttmann/ Hulton Archive/ Getty Images

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La Sortie des usines Lumière, A. et L. Lumière

La Sortie des usines Lumière, A. et L. Lumière
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Georges Méliès, illusionniste du cinéma

Georges Méliès, illusionniste du cinéma
Crédits : Hulton Archive/ Getty Images

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Écrit par :

  • : critique et historien de cinéma, chargé de cours à l'université de Paris-VIII, directeur de collection aux Cahiers du cinéma

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Pour citer l’article

Joël MAGNY, « CINÉMA (Réalisation d'un film) - Photographie de cinéma », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 04 décembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/cinema-realisation-d-un-film-photographie-de-cinema/