HONG KONG CINÉMA DE

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Les pionniers

Dès que les Japonais occupent Shanghai en 1938, des cinéastes chinois se réfugient à Hong Kong, où ils tournent des films patriotiques anti-japonais. Ce premier élan, insufflé par des émigrés, initiateurs du cinéma de la colonie, s’interrompt lorsque les Japonais s’emparent de la ville en 1941. La seconde vague d’émigration à la fin des années 1940 sera décisive. Elle concerne les cinéastes restés à Shanghai en 1938 (Maxu Weibang, Li Pingqian) et ceux qui fuient la guerre civile qui oppose le Guomindang aux communistes. Regroupés autour de quelques compagnies, ils imposent un cinéma parlé en mandarin, bien accueilli par une population de réfugiés. Parmi eux, Zhu Shilin (1899-1967) fait figure de pionnier. Tout d’abord avec Sorrows of the Forbidden City (1948), qui évoque la révolte des Boxers et l’impératrice Cixi. Ensuite avec Spoiling the Wedding Day (1951), le premier film hongkongais à s’intéresser à la population locale et à ses problèmes, alors que tous les autres ont pour cadre la Chine ancienne. Orientation que prolonge Festival Moon (1953), récit d’un employé obligé de s’endetter pour offrir un cadeau à son patron lors d’une fête annuelle. Le cinéma de Zhu Shilin, axé sur des sujets sociaux et inspirateur d’une école réaliste, donne naissance au mélodrame cantonais, qui met en scène la cellule familiale tout en privilégiant l’aspect sentimental au détriment de la critique sociale. Ses représentants sont Li Tie (1913-1996), qui totalise environ cent vingt films, et surtout Qin Jian (1926-1969), réalisateur de soixante films, dont le superbe Parent's Heart (1953). Ce dernier se suicide en 1969, à l’âge de quarante-trois ans, l’année où il réalise Farewell My Love et Rivers of Tears. Le mélodrame cantonais aura été le genre dominant du cinéma de Hong Kong pendant quinze ans (1950-1965), avant de disparaître à la suite de l’engouement du public pour le cinéma d’arts martiaux.


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Big Boss, Lo Wei

Big Boss, Lo Wei
Crédits : Everett Collection/ Aurimages

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In the Mood for Love, Wong Kar-wai

In the Mood for Love, Wong Kar-wai
Crédits : 2000 USA Films/ Online USA/ Hulton Archive/ Getty Images

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Écrit par :

  • : journaliste
  • : critique de cinéma, maître de conférences en histoire et esthétique de cinéma, université de Paris-III-Sorbonne nouvelle

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Pour citer l’article

Adrien GOMBEAUD, Charles TESSON, « HONG KONG CINÉMA DE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 06 août 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/cinema-de-hong-kong/