TAUBIRA CHRISTIANE (1952- )

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Du militantisme radical au PRG

Devenue professeur d’économie en 1978 et revenue en Guyane, Christiane Taubira se rapproche des milieux indépendantistes où elle rencontre son futur mari, Roland Delannon, fondateur en 1974 du Mouvement guyanais de décolonisation (Moguyde), au sein duquel elle milite activement. La radicalité assumée du mouvement contraint le jeune couple à la clandestinité pendant quelque temps et finit par conduire Roland Delannon en prison pendant dix-huit mois. C’est finalement l’apaisement de la situation en Guyane avec l’arrivée de la gauche au pouvoir en 1981 qui amène Christiane Taubira à renoncer au militantisme indépendantiste. Elle quitte alors l’enseignement et prend la direction de diverses institutions économiques locales : la Coopération agricole Antilles-Guyane et la Confédération caraïbe de la coopération agricole (1982-1985) ; le Centre national des arts et métiers de Guyane (1983-1986) ; l’Assistance technique à la pêche artisanale en Guyane (1985-1990) ; puis l’Office de coopération et du commerce extérieur (1990-1993).

Forte de ces expériences professionnelles qui lui assurent une bonne connaissance de la vie publique et des enjeux économiques guyanais, Christiane Taubira revient à la politique à la fin de 1992 en participant avec son mari à la fondation du parti Walwari, dont elle devient présidente. Sa première campagne pour les élections législatives de 1993 est un succès, et Christiane Taubira est élue députée. L’année suivante, elle accepte de figurer en quatrième position sur la liste emmenée par Bernard Tapie pour les élections européennes et fait son entrée au Parlement européen. Au cours de ces législatures, Christiane Taubira mène parallèlement deux initiatives législatives visant à interdire les mines antipersonnel. Réélue députée en 1997, elle fait adopter en 2001 une loi qui reconnaît comme crimes contre l’humanité la traite négrière transatlantique et l’esclavage.

Tout en restant membre du parti Walwari, Christiane Taubira se présente pour le compte du Parti radical de gauche (PRG) à l’élection présidentielle de 2002, devenant la première candidate d’outre-mer à la magistrature suprême. Bien qu’ayant envisagé de renouveler l’expérience en 2007, elle se rallie à la candidate du Parti socialiste, Ségolène Royal ; elle est élue lors des élections législatives qui suivent pour un quatrième mandat parlementaire consécutif.

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Blaise MAGNIN, « TAUBIRA CHRISTIANE (1952- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 17 juin 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/christiane-taubira/