PANDER CHRISTIAN HEINRICH (1794-1865)

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La découverte des feuillets embryonnaires

Né le 23 juillet 1794 à Riga, ville alors russe, dans une famille d’origine allemande, Christian Heinrich Pander étudia à partir de 1812 la médecine à l’université allemande de Dorpat (aujourd’hui Tartu, en Estonie) où il noua amitié avec Karl Ernst von Baer (1792-1876), autre futur grand embryologiste. Mais peu satisfait par les cours qui y étaient donnés, il décida en 1814 de se rendre en Allemagne, où il accepta l’invitation du physiologiste Ignaz Döllinger (1770-1841). Celui-ci lui proposa d’entreprendre à ses côtés, à Wurtzbourg, une thèse sur le développement embryonnaire précoce du poussin.

Cette étude commença en 1816. Assistés du dessinateur Joseph Wilhelm Eduard d’Alton (1772-1840), Pander et Döllinger ouvrirent et observèrent au microscope plus de deux mille œufs de poule à des stades divers d’incubation, entre le premier et le cinquième jour. Le résultat de ces investigations fut présenté par Pander dans une thèse soutenue en 1817 et publiée aussitôt en latin (sans illustration), sous le titre de Dissertatio inauguralis sistens historiam metamorphoseos, quam ovum incubatum prioribus quinque diebus subit (« Dissertation inaugurale établissant l’histoire de la métamorphose que subit l’œuf incubé au cours des cinq premiers jours »). Simultanément, Pander fit paraître les planches de d’Alton avec un texte allemand sensiblement différent, les Beyträge zur Entwicklungsgeschichte des Hühnchens im Eye (« Contributions à l’histoire du développement du poulet dans l’œuf »).

Embryon de poulet

Photographie : Embryon de poulet

Dessinée par Joseph W. E. d’Alton, cette figure représentant un embryon de poulet a été reproduite dans la version allemande de l'ouvrage de Christian H. Pander (planche VIII des Beyträge zur Entwicklungsgeschichte des Hühnchens im Eye). Ce livre, paru en 1817, décrit les travaux de cet... 

Crédits : BIU Santé Médecine, Paris, cote : 2016077

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Ces deux ouvrages représentaient une avancée majeure en embryologie. En effet, pendant tout le xviiie siècle, la théorie dominante dans ce domaine avait été celle de la préexistence (ou préformation), selon laquelle un germe minuscule, mais parfaitement formé, se trouvait dès le départ dans l’œuf, avant même la fécondation, et n’avait plus qu’à croître pour donner un embryon. Cette conception était, certes, en perte de vitesse, notamment depuis les travaux de Caspar Friedrich Wolff (1733-1794), mais elle conservait encore une forte influence. Pander démontra clairement qu’il n’y avait pas de germe préformé dans l’œuf de poule, et que l’embryon se développait à partir d’une simple membrane située à la surface du jaune, qu’il appela le « blastoderme ». Plus précisément, il mit en évidence le fait que ce blastoderme se scindait lui-même en trois membranes, les feuillets embryonnaires (appelés plus tard endoderme, mésoderme et ectoderme), qui, en croissant et en se plissant, donnaient naissance aux différents organes de l’embryon.

Ce travail de Pander venait donc démentir la théorie de la préformation et confirmer celle de l’épigenèse selon laquelle le développement embryonnaire s’effectuait de manière progressive et les différentes structures apparaissaient graduellement. La principale difficulté était de concevoir le moteur de ce développement. Pander lui-même fit appel à une notion assez fréquente dans la biologie allemande de l’époque, celle de « pulsion formatrice » (sorte de force de nature inconnue déterminant l’organisation des êtres vivants lors de leur développement et tout au long de leur vie), mais il évita prudemment d’entrer dans les détails. Cette description des feuillets embryonnaires fut reprise ensuite par von Baer, qui la généralisa à l’ensemble du monde animal en 1828 ; elle allait devenir ainsi le fondement de l’embryologie descriptive moderne.

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Stéphane SCHMITT, « PANDER CHRISTIAN HEINRICH - (1794-1865) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 03 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/christian-heinrich-pander/