CHOUANNERIE

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Les échecs de la chouannerie organisée

La deuxième phase commence dès juin 1795, avec le débarquement de troupes d'émigrés et d'Anglais à Quiberon, sous le commandement de Puisaye et d'Hervilly, entraînant une reprise des combats. L'échec de l'opération, dû aux multiples incompréhensions dans le camp contre-révolutionnaire, ne signe pas la fin de la chouannerie. Hoche, vainqueur à Quiberon, réussit certes à obtenir une deuxième paix, mais sans empêcher l'emprise des idées contre-révolutionnaires, qui s'expriment notamment dans la constitution de municipalités dirigées de fait par des opposants à la Révolution.

Après 1797 et le retour à Paris d'une politique inspirée de principes jacobins, la chouannerie retrouve une actualité avec la reconnaissance du mouvement par l'ensemble de la Contre-Révolution. Des liaisons régulières sont établies avec l'Angleterre, pourvoyeuse d'armes et d'argent (dont de faux assignats), par laquelle transitent également de jeunes nobles avides de gloire militaire. Le gouvernement anglais voit dans la chouannerie un moyen efficace pour contrer la Révolution, alors que la Vendée n'existe plus. Un réseau de commandements est mis en place unissant tous les chefs, nobles pour l'essentiel – à l'exception notable de Cadoudal –, qui contrôlent l'Ouest du Mans à Brest, de Caen à Angers. Localement, Frotté et Rochecotte, en Normandie ou dans le Maine, détiennent un pouvoir réel sur les campagnes et sur les routes, les républicains tenant, difficilement, les villes. La preuve en est donnée durant l'automne de 1799, lorsque la chouannerie participe à l'opération contre-révolutionnaire menée sur les frontières comme à l'intérieur du pays, et qu'illustre notamment la bataille de Toulouse. Dans l'Ouest, la plupart des villes principales sont investies par des bandes qui libèrent des prisonniers, ou qui réceptionnent des armes. Mais faute d'unité – les clivages sont perceptibles entre royalistes résolument contre-révolutionnaires et modérés – et faute d'hommes – les pa [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 3 pages


Écrit par :

Classification


Autres références

«  CHOUANNERIE  » est également traité dans :

CADOUDAL GEORGES (1771-1804)

  • Écrit par 
  • Jean-Clément MARTIN
  •  • 1 132 mots

Georges Cadoudal est une figure de la chouannerie, à laquelle il a donné une image d'intransigeance et de forte conviction religieuse, finalement consacrée par l'exécution, en place publique, pour complot contre le Premier consul. L'itinéraire politique de ce chouan emblématique s'est bâti contre la Révolution, dans l'Ouest, où les conflits autour de la religion ont été particulièrement vifs. Né à […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/georges-cadoudal/#i_21321

CONTRE-RÉVOLUTION

  • Écrit par 
  • Jean TULARD
  •  • 4 953 mots

Dans le chapitre « Les insurrections armées »  : […] Ni les armées d'émigrés, ni les complots n'ont sérieusement mis en danger la Révolution. Il n'en fut pas de même des insurrections qui secouèrent l'ouest et le midi de la France, puis Paris. Au soulèvement de l'Ouest on assigne diverses raisons. L'origine religieuse est difficilement contestable. Le refus de la Constitution civile du clergé (sorte de réorganisation laïque de l'Église) par un nombr […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/contre-revolution/#i_21321

COTTEREAU JEAN, dit JEAN CHOUAN (1757-1794)

  • Écrit par 
  • Jean DÉRENS
  •  • 350 mots

Héros de la chouannerie, Jean Cottereau avait hérité son surnom de son père Pierre, sabotier et probablement faux saunier, se servant du cri de la chouette pour se faire reconnaître de ses complices. Il pratiquait le faux saunage avec ses frères François et René. En 1780, il fut poursuivi pour avoir d'abord rossé un nommé Marchois qu'il soupçonnait de l'avoir vendu aux gabelous, puis pour avoir tu […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/jean-cottereau/#i_21321

PUISAYE JOSEPH comte de (1755-1827)

  • Écrit par 
  • Jean-Clément MARTIN
  •  • 309 mots

Issu d'une famille de vieille noblesse, colonel en 1783, Puisaye commence sa carrière politique en représentant la noblesse du Perche aux assemblées provinciales de 1787, puis est élu comme député de la noblesse aux États généraux, où il joue un petit rôle. À cette époque, il paraît peu favorable au courant réformateur. Cependant, il devient commandant des gardes nationales du district d'Évreux, p […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/joseph-puisaye/#i_21321

RÉVOLUTION FRANÇAISE

  • Écrit par 
  • Jean-Clément MARTIN, 
  • Marc THIVOLET
  •  • 29 477 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « La stabilisation impossible (mai 1795-février 1796) »  : […] Alors que le pays est gagné par un royalisme diffus, les partisans de la monarchie sont paradoxalement renforcés par l'annonce de la mort en prison du jeune Louis XVII, le 8 juin 1795. Le comte de Provence devient Louis XVIII, et surtout les émigrés obtiennent de représenter légitimement la monarchie française, ce qu'ils n'avaient pas pu réussir jusque-là. Cependant, Louis XVIII met aussitôt son […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/revolution-francaise/#i_21321

VENDÉE GUERRES DE

  • Écrit par 
  • Jean-Clément MARTIN
  •  • 1 443 mots

Dans le chapitre « L'échec de la Vendée et sa répression »  : […] Après une offensive qui échoue du fait de rivalités politiques, les républicains reprennent l'initiative, et l'essentiel des armées vendéennes est écrasé lors de la bataille de Cholet, le 17 octobre 1793. Dans ce qui va s'appeler la Virée de Galerne, plusieurs dizaines de milliers de Vendéens (dont des femmes et des enfants), rejoints par les chouans, traversent le Maine et la Bretagne, jusqu'à G […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/guerres-de-vendee/#i_21321

Voir aussi

Pour citer l’article

Jean-Clément MARTIN, « CHOUANNERIE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/chouannerie/