CHOIX PUBLICS ÉCOLE DES ou PUBLIC CHOICE SCHOOL, économie

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Une analyse économique de la politique

En développant l'analogie entre comportements politiques et comportements économiques, l'école des choix publics a orienté ses recherches dans trois directions. La première a trait au processus de décision démocratique. Si un électeur rationnel peut classer, selon ses préférences, les propositions politiques, il votera pour celle qu'il préfère. Cependant, à la différence des choix effectués sur le marché, ces préférences sont agrégées selon des procédures dont il faut étudier les caractéristiques, les règles de vote.

Ainsi, en cas de « préférences unimodales » (lorsqu'une seule et unique proposition maximise la satisfaction des agents), la décision adoptée à la majorité sera toujours celle qui est préférée par l'électeur médian (« théorème de l'électeur médian »). Ce dernier partage le corps électoral en deux parties égales et fait donc basculer la majorité. Cela permet de comprendre que, dans certains systèmes politiques, les programmes politiques convergent vers le centre : les partis tentent de s'emparer de la voix de l'électeur médian.

Dans le cas général, pourtant, la règle majoritaire est extrêmement instable. Ainsi, si l'on prend le cas de trois électeurs A, B et C et de trois propositions X, Y et Z tels que A préfère X à Y et Y à Z, B préfère Y à Z et Z à X et C préfère Z à X et X à Y, le choix collectif n'est pas transitif. La proposition X est collectivement préférée à Y, qui est collectivement préférée à Z, qui est elle-même préférée à X. Paradoxalement, l'institution majoritaire, clé de voûte des démocraties contemporaines, peut donc déboucher sur n'importe quelle décision. Elle est alors sujette à de nombreuses manipulations, puisque la décision finale dépend de l'ordre dans lequel les propositions sont mises aux voix.

La deuxième direction de recherche a porté sur le comportement des instances représentatives – Parlements, Assemblées – et la possibilité que des politiques collectivement inefficaces voient le jour. A priori, de telles politiques ne peuvent obtenir la majorité : elles favorisent uniquement un petit nombre de membres de la collectivité – un groupe de pression par exemple – tout en faisant supporter leurs poids à l'ensemble du corps social. Mais, selon l'école des choix publics, il faut tenir compte des dynamiques de coalition au sein des Assemblées. Plusieurs votants peuvent échanger leur vote (logrolling) : chacun votera en faveur des propositions des autres, en échange de leur vote sur sa propre proposition. On peut ainsi expliquer l'inflation de législations produites par les instances représentatives.

La troisième direction des recherches de l'école des choix publics pointe le rôle de la bureaucratie. À la différence de l'électeur, le bureaucrate ne peut directement s'approprier les conséquences de ses actions. La recherche de la plus grande satisfaction possible (« maximisation de l'utilité ») prend chez lui la forme d'une recherche de pouvoir au sein de l'organisation bureaucratique. Or, le plus souvent, ce pouvoir est corrélé à la taille de son administration. L'école des choix met alors en évidence les stratégies possibles des membres des administrations publiques afin de maximiser, par exemple, la taille des budgets dont ils ont la charge.

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Écrit par :

  • : enseignant-chercheur à l'université de Paris-I-Panthéon-Sorbonne

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Pour citer l’article

Samuel FEREY, « CHOIX PUBLICS ÉCOLE DES ou PUBLIC CHOICE SCHOOL, économie », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 novembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/choix-publics-public-choice-school/