CHINOISE (CIVILISATION)Sciences et techniques

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Les inscriptions sur os et écailles (jiaguwen) découvertes dans la région de Anyang, dans l'actuelle province du Henan, à la fin du xixe siècle, nous apprennent que, dès les xive-xie siècles avant notre ère, les Chinois utilisaient une numération décimale de type « hybride », combinant dix signes fixes pour les unités de 1 à 9, avec des marqueurs de position particuliers pour les dizaines, centaines, milliers et myriades. Aux abords de l'ère chrétienne, le système se stabilise et note déjà les nombres pratiquement de la même manière qu'en chinois moderne. Le zéro-cercle, très probablement d'origine indienne, n'est attesté qu'au xiiie siècle, mais, auparavant, on ménageait un espace vide pour indiquer les unités manquantes.

Habiles calculateurs, rompus aux opérations sur les grands nombres comme sur les fractions dès le début de notre ère, les Chinois n'ont jamais conçu la mathématique comme une science déductive, mais plutôt comme une logistique reposant sur la manipulation d'instruments, essentiellement le boulier (suanpan) et les baguettes à calculer (chousuan). Pour dire « calculer », la langue chinoise moderne utilise encore des termes comme yansuan ou tuisuan, dont le sens premier est, respectivement, « manœuvrer les baguettes », « pousser les baguettes ». Peut-être issues des tiges d'achillée à usage divinatoire, ces baguettes en bambou, ivoire ou métal, longues d'une dizaine de centimètres et de section circulaire, triangulaire ou carrée, étaient placées soit sur une quelconque surface horizontale, la table à compter, soit aussi, vraisemblablement, sur un échiquier dont les cases offraient des repères naturels permettant de distinguer les divers ordres d'unités, ou même de « mettre en mémoire » le résultat d'un calcul intermédiaire. Cet ensemble instrumental permettait non seulement d'effectuer les opérations courantes de l'arithmétique élémentaire, mais aussi d'exécuter des algorithmes beaucoup plus complexes : opérations sur les polynômes, résolutions d'équ [...]


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  • : directeur de recherche au C.N.R.S. (centre de recherche sur la civilisation chinoise)

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Pour citer l’article

Jean-Claude MARTZLOFF, « CHINOISE (CIVILISATION) - Sciences et techniques », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 septembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/chinoise-civilisation-sciences-et-techniques/