CHARTE DE L'ENVIRONNEMENT

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Les enjeux juridiques

Une des premières difficultés pour les membres de la commission fut de traduire en actes la demande présidentielle d'un « adossement » à la Constitution. Plusieurs choix étaient envisageables. Au final, la commission Coppens et le Parlement se fixèrent sur une référence à la charte au sein du préambule de la Constitution – à égalité avec la Déclaration des droits de l'homme de 1789 et le Préambule de 1946 –, une charte en dix points et la modification de l'article 34 de la Constitution afin de marquer la compétence du législateur sur les questions environnementales (cf. tableau).

Charte de l'environnement

Charte de l'environnement

Tableau

Les trois articles de la loi constitutionnelle relative à la Charte de l'environnement adoptée le 28 février 2005 par le Parlement français. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Ce dernier point mérite d'être souligné puisque l'environnement n'avait pas été porté dans les prérogatives du législateur français. Cela ne l'avait certes pas empêché de voter des textes majeurs, comme la loi du 10 juillet 1976 relative à la protection de la nature ou la loi Barnier du 2 février 1995, mais l'assise juridique était fragile. Le changement d'appellation de la Commission de la production et des échanges en « Commission des affaires économiques, de l'environnement et du territoire », intervenu en 2002, est de ce point de vue révélateur d'une revendication forte du législateur.

Plus discutée était la question de la portée juridique de cet ancrage constitutionnel. L'effet immédiat, du moins postérieur à l'application effective de la charte après sa promulgation, est la désormais officielle reconnaissance du caractère constitutionnel de l'environnement. Derrière ce débat sur la hiérarchie des normes, deux points étaient particulièrement contestés.

Le premier fut, à nouveau, relatif à la reconnaissance constitutionnelle du principe de précaution et cela pour deux raisons. Tout d'abord, ce principe reste le seul de la charte à former un principe directement objectable et non un objectif constitutionnel. Les autres « principes » du développement durable ne furent pas retenus ainsi formellement. Ensuite, parce que ses adversaires arguaient de l'inutilité de cette inscription dès lors que de nombreux textes internationaux, ayant constitutionnellement une valeur supé [...]


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Écrit par :

  • : maître de conférences à l'Institut d'études politiques de Paris et à l'université catholique de Louvain (Belgique)

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Les derniers événements

28 février 2005 • France • Adoption de la révision constitutionnelle préalable à la ratification de la Constitution européenne.

les nouvelles compétences du Parlement dans le cadre de l'U.E. et consacre l'obligation d'obtenir l'accord des Français par référendum sur l'adhésion à l'Union de tout nouveau pays. Le Congrès adopte tout aussi largement le projet de loi constitutionnelle instituant une Charte de l'environnement, qui fait notamment référence au principe de précaution.  [...] Lire la suite

3 mai 2001 • France • Discours du président Jacques Chirac sur l'écologie.

qu'elles conduisent ». Il souhaite que « cet engagement public et solennel soit inscrit par le Parlement dans une charte de l'environnement adossée à la Constitution ». L'écologie sera, selon le chef de l'État, l'un des grands thèmes de l'élection présidentielle de 2002.  [...] Lire la suite

Pour citer l’article

Thierry LIBAERT, « CHARTE DE L'ENVIRONNEMENT », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 01 juillet 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/charte-de-l-environnement/