NODIER CHARLES (1781-1844)

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Le polygraphe

De Besançon, où il naquit quelques années avant la prise de la Bastille, à Paris, où il mourut au crépuscule du romantisme, Charles Nodier reste à maints égards un homme du xviiie siècle. Et d'abord en raison de sa précocité : en 1791 et 1792 il prononce des discours à la Société des amis de la Constitution ; en 1798, il écrit une Dissertation sur l'usage des antennes dans les insectes ; il projette des tragédies, ébauche des Rêveries et une fantaisie intitulée Moi-même. De 1802 à 1806, on lit de lui Les Proscrits, Le Peintre de Salzbourg, journal des émotions d'un cœur souffrant, les Essais d'un jeune barde, Les Tristes, ou Mélange tiré des tablettes d'un suicidé. Apprenti révolutionnaire auprès de son père président du Tribunal révolutionnaire, de sa mère présidente d'un club, il écrit à la gloire de Bara et de Viala, et un Temple de la Liberté en vers. Un voyage, qui lui fit connaître, à Giromagny, cette Thérèse Burtscher qui fut peut-être son premier amour véritable, le fit vivre aussi quelque temps auprès d'Euloge Schneider, le terroriste d'Alsace. Sans doute devait-il sacrifier bientôt à d'autres autels, entrer dans des sociétés secrètes contre-révolutionnaires, gagner la protection de Jean de Bry, un préfet ami des lettres, servir l'Empire dans le Journal de l'Empire, la Restauration dans le Journal des Débats, La Quotidienne, Le Drapeau blanc. Sa plume besogneuse changera de maîtres ; mais il restera en lui du réfractaire, et même en pleine Restauration, quand il écrira Jean Sbogar, on retrouvera l'émule des Brigands de Schiller.

Du xviiie siècle, il tient aussi sa fièvre encyclopédique. Herboriste comme Jean-Jacques, entomologiste, bibliophile, bibliographe, secrétaire, en 1809, du chevalier Herbert Croft, un Anglais philologue et excentrique, il est compilateur de nomenclatures et de dictionnaires, découvreur d'inconnus et de méconnus, grand préfacier, intarissable éditeur, fondateur et directeur du Bulletin du bibliophile (1834).

De même sa curiosité est en quête d'exotisme. Il part à la découverte d [...]


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Écrit par :

  • : professeur honoraire à la faculté des lettres et sciences humaines de Paris, doyen honoraire de la faculté des lettres et sciences humaines de Besançon

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Pour citer l’article

Pierre MOREAU, « NODIER CHARLES - (1781-1844) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 05 avril 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/charles-nodier/