RAMUZ CHARLES FERDINAND (1878-1947)

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L'homme et l'œuvre se fondent

Né à Lausanne, Charles Ferdinand Ramuz fait une licence de lettres avant d'enseigner au collège d'Aubonne, dans son canton. L'idée d'une carrière littéraire se fortifie en lui. En 1902, il part pour Paris. Séjour déterminant : il y apprend à être vaudois. Et c'est le retour, auréolé d'une légende de pauvreté, de travail, de solitude qui cède à l'exagération. Juste réaction de sa part comme de celle de ses amis. À Paris, il a couru les salles du Louvre, noirci des cahiers. Il se croyait critique d'art. Par bonheur, ses notes ont échappé à la publication ! Et pourtant, beaucoup plus tard, il écrira : « Mes idées me viennent des yeux, – si j'ai des maîtres, c'est chez les peintres. »

Ses débuts, où déjà il mêle roman, récit et essai, sont confidentiels. Deux événements vont élargir son audience. D'abord, les Cahiers vaudois, qui serviront de somme à sa génération en Romandie, « cette province qui n'en est pas une », aimait-il à répéter. Il y règne grâce au prestige que lui valent ses premiers livres. Ensuite, la rencontre avec Henry Poulaille qui le présente à l'éditeur Bernard Grasset. C'est la consécration, la vraie, qui vient de Paris, et l'aisance. On le plaisante bien encore un peu en Suisse romande où ses ennemis ricanent de son style, mais lorsque H.-L. Mermod, mécène-éditeur, publiera ses œuvres complètes, il deviendra un classique chez lui.

Frileux dans sa pèlerine, inquiet au-delà d'un horizon qu'il ne maîtrise pas, il craint les voyages. Jean Cocteau et Jean-Louis Barrault viennent le voir dans le vignoble de Lavaux qui domine le lac Léman, Valéry et Rilke à Lens, en Valais. Mais aucune de ces amitiés n'égalera celle qui le liait à Stravinski et qui aboutit à L'Histoire du soldat (1920), merveilleuse collaboration entre deux génies si différents, au lendemain de la Première Guerre mondiale.

La guerre avait été aussi pour lui une époque de transition. Raison d'être, Adieu à beaucoup de personnes font partie d'une étape non pas reniée, ni même dépass [...]


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Pour citer l’article

Henri-François BERCHET, « RAMUZ CHARLES FERDINAND - (1878-1947) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 février 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/charles-ferdinand-ramuz/