CHANGEMENT CLIMATIQUE ET SANTÉ

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L’origine anthropique du réchauffement climatique est désormais admise par une majorité de scientifiques. L’augmentation globale des températures moyennes sur l’ensemble du globe est avérée. Toutefois, cette hausse n’est pas uniforme. Des disparités vis-à-vis des températures et des précipitations apparaissent à l’échelle nationale, voire régionale. Les effets attendus du réchauffement climatique sont, d’une part, une augmentation des températures moyennes et, d’autre part, une augmentation de la fréquence d’événements extrêmes : vagues de chaleur, précipitations intenses. En France, on s’attend à des hivers globalement plus doux et des étés plus chauds, davantage de périodes de canicule et un ensoleillement estival plus important. Pour ce qui est des précipitations, les périodes de fortes pluies sur plusieurs jours en hiver devraient s’allonger, élevant le risque d’inondations. Des études récentes suggèrent une légère augmentation des précipitations estivales et hivernales, variables selon les modèles utilisés, et plus marquée après 2070. Ce qui n’empêchera pas l’augmentation des épisodes de sécheresse, en particulier dans le sud de la France. Quant aux tempêtes, si elles ne semblent pas pour le moment plus fréquentes et plus violentes – ce qui n’est pas certain à l’échelle du siècle –, elles seraient dérivées vers le nord du pays. On conçoit le nombre de conséquences locales et régionales que pourrait induire le réchauffement climatique. L’une d’elles concerne les maladies qui pourraient survenir, et l’adéquation du système sanitaire pour y faire face.

La mort thermique de l’ Univers

Photographie : La mort thermique de l’ Univers

« Surprise par le froid, la dernière famille humaine a été touchée du doigt de la mort et bientôt ses ossements seront ensevelis sous le suaire des glaces éternelles » (Camille Flammarion, Astronomie populaire, 1889). Jusque vers la fin des années 1960, les scientifiques considéraient... 

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La relation entre climat et maladie n’est ni évidente ni directe. Ses premières expressions claires datent du début du xixe siècle, avec l’introduction de la géographie médicale. On les doit principalement à un disciple d’Alexandre de Humboldt, Heinrich Berghaus, qui dessine en 1828 une carte climatique du monde et associe à la typologie des climats (tempéré, polaire, continental, équatorial, etc.) une liste de maladies caractéristiques. Ainsi, la fièvre jaune n’existe que sous les climats tropicaux. Cette idée d’un lien direct entre caractéristiques d’un climat et pathologies prévaut au xixe siècle mais, à la fin de ce dernier, s’efface devant la découverte des agents infectieux et surtout celle des maladies à vecteurs, devant la définition d’un lien cette fois-ci direct et défini entre les caractéristiques d’un environnement et les maladies qu’on y observe, la notion de climat en soi n’ayant dès lors plus grande valeur. En d’autres termes, le réchauffement climatique n’a de suites sanitaires qu’en tant qu’il modifie l’environnement local et, dans la plupart des cas, les écosystèmes locaux. En conséquence, ses possibles effets sanitaires ne peuvent être appréhendés que par des variations locales de l’environnement dont les effets sur la santé sont reconnus, via la modification momentanée de l’environnement local humain et cela quelle qu’en soit l’origine : c’est le cas d’effets directs comme les canicules ou les inondations, et d’effets indirects, comme la prolifération d’algues toxiques pour ne citer que ces exemples.

Effets directs connus de variations de paramètres climatiques

La croissance des températures moyennes mène à des hivers plus cléments et à des étés plus chauds. À ces augmentations moyennes s’ajoutent des périodes de canicule, pendant lesquelles les températures minimales nocturnes demeurent au-dessus de 20 0C et les maximales diurnes au-dessus de 33 0C, pendant au moins trois jours. L’ensemble déplacerait le pic de mortalité annuel de l’hiver vers l’été. L’augmentation attendue du nombre de canicules placerait les populations dans un cadre sanitaire déjà connu. Ainsi, en 2003, la canicule aurait provoqué 15 000 décès en surnombre. L’hypothèse d’un « effet moisson », c’est-à-dire le décès prématuré de personnes qui n’auraient pas survécu à l’hiver, n’a pas été confirmée. Il s’agit bien d’un excès de mortalité, qui a au moins permis d’alerter les autorités sur la nécessité de mettre en place un plan de surveillance, dont l’efficacité a été évaluée positivement en 2006. L’augmentation des températures n’est dangereuse que si elle touche surtout les minimales nocturnes. En période de forte chaleur, des nuits trop chaudes ne permette [...]

Canicule de 2003

Photographie : Canicule de 2003

En 2003, la canicule aurait provoqué 15 000 décès en surnombre. Cet excès de mortalité, qui a frappé les plus faibles, a conduit les autorités à mettre en place un plan de surveillance, dont l'efficacité a été évaluée positivement lors des vagues de chaleur qui ont suivi. Ici, à... 

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Pour citer l’article

Virginie CAVIER, « CHANGEMENT CLIMATIQUE ET SANTÉ », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/changement-climatique-et-sante/