CHANGEMENT CLIMATIQUEAspects scientifiques

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Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (G.I.E.C.) – ou I.P.C.C. pour Intergovernmental Panel on Climate Change – a pour mandat « d’évaluer, sans parti pris et de manière méthodique et objective, l’information scientifique, technique et socio-économique disponible en rapport avec la question du changement du climat ». Créé en 1988 sous l’égide de deux institutions des Nations unies – l’Organisation météorologique mondiale (O.M.M.) et le Programme des Nations unies pour l’environnement (P.N.U.E.) –, il a publié son cinquième rapport en 2013-2014. Celui-ci inclut les rapports des trois groupes de travail respectivement dédiés aux éléments scientifiques (groupe I), aux impacts, à l’adaptation et à la vulnérabilité (groupe II) et à l’atténuation (groupe III), complétés d’un rapport de synthèse.

L’élaboration des rapports du G.I.E.C.

Les rapports du G.I.E.C. sont préparés sous la responsabilité de son bureau composé de 30 membres, élus suivant les procédures onusiennes. Ce bureau, présidé par l’Indien Rajendra Kumar Pachauri jusqu’au début de l’année 2015, est renouvelé pour chacun des rapports successifs publiés à intervalles de cinq à sept ans, 1990, 1995, 2001, 2007 et 2013-2014. Au sein de ce bureau, chaque groupe de travail est lui-même doté d’un bureau de huit membres.

La mission du G.I.E.C. est d’établir un diagnostic vis-à-vis du rôle potentiel des activités humaines sur le climat ; à ce titre, il ne fait ni recherche ni recommandations. Dans son rôle d’évaluation, le G.I.E.C. s’appuie en priorité sur les articles publiés depuis le rapport précédent, pour l’essentiel dans des revues à comité de lecture. Les rapports, volumineux, de chacun des trois groupes de travail sont complétés par un résumé technique plus synthétique et par un résumé pour les décideurs assez court qui est soumis à approbation en assemblée plénière. Le rapport du groupe I a été approuvé à Stockholm en septembre 2013 ; ceux des groupes II et III à Yokohama (Japon) et Berlin en mars et avril 2014, et le rapport de synthèse à Copenhague en octobre 2014.

Une brève description des différentes étapes de la rédaction d’un rapport illustre l’esprit d’ouverture, de débat et de transparence qui en est la marque. Chaque chapitre est rédigé par une douzaine d’auteurs sous la responsabilité de deux d’entre eux. Le bureau du groupe est en charge de la sélection des auteurs choisis parmi ceux qui ont fait acte de candidature, environ un millier pour un peu plus de 200 auteurs dans le cas du groupe I. Le premier critère est celui de la qualité scientifique mais des critères de répartition géographique, de genre et de renouvellement sont également pris en compte. La rédaction est organisée autour de quatre rendez-vous espacés de six à huit mois, entre lesquels les auteurs échangent leurs points de vue et font, s’ils le souhaitent, appel à des contributeurs. Par ailleurs, la version rédigée à l’issue du deuxième rendez-vous est ouverte aux commentaires de tout scientifique extérieur souhaitant apporter son avis, commentaires auxquels les auteurs doivent ensuite apporter une réponse. Des « éditeurs » dont le rôle se limite à vérifier que ce processus se déroule correctement se joignent alors à l’équipe d’auteurs. La version suivante est l’objet d’une deuxième étape de commentaires qui transitent par les représentants des gouvernements et sont pris en compte dans la version finale des différents chapitres. La transparence du processus est assurée par la mise à disposition, après adoption du rapport définitif, des versions successives, des commentaires et des réponses qui y ont été apportées, et du rapport des « éditeurs ».

La dernière étape est celle de l’approbation du rapport. Le résumé pour décideurs est également sujet à commentaires, étape à l’issue de laquelle un texte est soumis à approbation ligne à ligne devant l’assemblée plénière. Même s’il s’agit là de représentants des gouvernements, le rapport demeure la propriété des scientifiques du G.I.E.C., car toute modification proposée doit s’appuyer sur une conclusion déjà inscrite dans le rapport principal. Ce processus d’approbation se traduit par une appropriation du rapport par les gouvernements, qui contribue à ce que ces mêmes gouvernements s’appuient largement sur le diagnostic du G.I.E.C. lors des négociations conduites au sein de la Convention climat.

Les rapports du G.I.E.C. attachent beaucoup d’importance à la fiabilité des données en appréciant la qualité d’un résultat (faible, moyenne, élevée) et en lui associant un degré de probabilité lorsque c’est possible (quasi certain entre 99 et 100 p. 100, très probable entre 90 et 100 p. 100, probable entre 66 et 100 p. 100…). Pour simplifier la présentation des résultats du 5e rapport du G.I.E.C., le degré d’incertitude d’un résultat n’a été indiqué que lorsque cette dernière est importante (confiance moyenne, et/ou probabilité entre 66 et 100 p. 100). En l’absence d’indication, une confiance élevée et/ou une probabilité supérieure à 90 p. 100 y sont associées.

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Évolution du climat mondial

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Réchauffement moyen à la surface de la Terre

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Réchauffement projeté à la fin du XXIe siècle

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Écrit par :

  • : directeur de recherche au Commissariat à l'énergie atomique, directeur de l'institut Pierre-Simon-Laplace des sciences de l'environnement global, président du conseil d'administration de l'institut polaire français Paul-Émile-Victor

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Pour citer l’article

Jean JOUZEL, « CHANGEMENT CLIMATIQUE - Aspects scientifiques », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 29 novembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/changement-climatique-aspects-scientifiques/