CHANGEMENT ANTHROPIQUE DU CLIMAT

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Comment a-t-on pris conscience de l’effet de l’homme sur le climat global ?

Au début du xixe siècle, Joseph Fourier (1768-1830) établit que la température de la surface de la Terre dépend, d’une part, de la quantité de rayonnement solaire absorbé et, d’autre part, de la façon dont la Terre se refroidit en émettant du rayonnement infrarouge vers l’espace. Il mentionne que cette température de surface pourrait changer à cause d’une modification de la distance Terre-Soleil, des activités humaines et de phénomènes naturels. À la fin du xixe siècle, on démontre l’alternance passée de périodes glaciaires et interglaciaires et deux théories s’affrontent pour l’expliquer : l’une suppose la variation du rayonnement solaire, l’autre celle de la concentration de l’atmosphère en dioxyde de carbone (CO2), un des principaux gaz à effet de serre. On sait aujourd’hui qu’il faut prendre en compte ces deux facteurs qui jouent un rôle important dans l’évolution du climat. Svante Arrhenius (1859-1927), partisan de la seconde théorie, suppose que la concentration en CO2 a naturellement varié dans le passé et indique qu’elle pourrait changer dans le futur du fait des activités humaines, entraînant des changements de température de plusieurs degrés Celsius.

Le tournant des années 1960

L’hypothèse d’Arrhenius est d’abord vivement critiquée et il faut attendre les années 1960 pour que deux avancées scientifiques majeures viennent l’étayer. D’une part, des mesures effectuées par Charles Keeling (1928-2005) indiquent que la concentration en CO2 de l’atmosphère augmente, et il sera montré par la suite que cette hausse est due aux activités humaines. D’autre part, des calculs réalisés par Syukuro Manabe (né en 1931) – qui recevra avec Klaus Hasselmann le prix Nobel de physique en 2021, pour « la modélisation physique du climat de la Terre et pour en avoir quantifié la variabilité et prédit de façon fiable le réchauffement climatique » – révèlent qu’un doublement de la concentration en CO2 déséquilibrerait suffisamment le bilan radiatif de la Terre pour élever la température de la planète de plusieurs degrés. Les premiers modèles climatiques sont alors naissants et, en 1979, Jule Charney (1917-1981) coordonne un rapport de l’Académie nationale des sciences des États-Unis qui estime que la sensibilité climatique, c’est-à-dire l’augmentation de la température moyenne de la surface de la Terre en réponse à un doublement de la concentration en CO2 est de 3 0C ± 1,5.

L’alerte climatique

Pour estimer l’évolution passée de la moyenne des températures à la surface de la Terre, quelques équipes scientifiques entreprennent alors de regrouper et d’analyser le plus de mesures possibles, tâche difficile notamment en raison de leur nombre et de la diversité des pratiques et des techniques utilisées au fil du temps pour obtenir ces données. À partir des années 1990, il est progressivement démontré que la température moyenne de la surface de la Terre augmente et que cette évolution est essentiellement due à l’accroissement de la concentration en CO2 qui résulte de la combustion des énergies fossiles (charbon, pétrole et gaz).

En 1988, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC, IPCC en anglais pour Intergovernmental Panel on Climate Change) a été créé par l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE). Son objectif principal est d’évaluer les travaux scientifiques sur les changements climatiques et d’en faire la synthèse. Le rôle essentiel des activités humaines dans le changement climatique en cours, un réchauffement de plusieurs degrés dans les cent prochaines années si aucune action forte n’est entreprise, et les graves conséquences qui en découlent passent progressivement de statut d’hypothèses à celui de prévisions quasi certaines au fil des rapports publiés par le GIEC. L’alerte climatique est donnée, et des travaux sur l’évaluation des possibilités d’actions pour limiter les changements futurs et s’y adapter se développent pour éclairer les choix à entreprendre.

Les négociations climatiques

Le changement climatique concernant tous les pays, des organisations internationales ont été progressivement mises en place par les États pour donner un [...]

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Rôle des activités humaines et de la variabilité naturelle dans le réchauffement climatique

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Les différentes causes du réchauffement climatique en cours

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Évolution des émissions et concentrations de CO2 et de la variation de la température moyenne à la surface de la Terre

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Impacts et risques dus au réchauffement climatique

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Jean-Louis DUFRESNE, Céline GUIVARCH, « CHANGEMENT ANTHROPIQUE DU CLIMAT », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 22 juin 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/changement-anthropique-du-climat/