CHAMPAIGNE PHILIPPE DE (1602-1674)

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Un style baroque tempéré

En fait, depuis la mort de Pourbus (1622), il n'y a aucun peintre à Paris, hormis Simon Vouet, revenu d'Italie en 1627, qui soit comparable à Champaigne dans l'expression du sentiment religieux. Il n'y a pas non plus de meilleur portraitiste que ce fin scrutateur qui sait transgresser les codes un peu figés et solennels du genre par une attention minutieuse portée à la nature et à la psychologie. Sa renommée se confirme dès 1628-1629 avec la commande, par Marie de Médicis, d'une série de grands tableaux pour le carmel, alors très en vogue, de la rue Saint-Jacques (aujourd'hui dispersés, notamment entre les musées de Lyon, de Dijon et de Grenoble). Après la disgrâce de la reine mère, Champaigne bénéficie de la protection de Richelieu, pour lequel il réalise au Palais-Royal, vers 1630, la décoration de la galerie des Objets d'art et, aux côtés de Vouet, une partie de celle de la galerie des Hommes illustres (Louis XIII à la Victoire, Louvre ; Gaston de Foix, Musée national du château de Versailles) ; pour le cardinal également, il peint la coupole de l'église de la Sorbonne, ainsi qu'une série d'admirables portraits en pied ou en buste. À la fois brillant de coloris, majestueux de formes et d'un réalisme vigoureux mais toujours digne, le style baroque tempéré que Champaigne met alors au point est sans doute, dans le Paris des années 1630, l'alternative la plus convaincante à l'art lyrique et sensuel de Simon Vouet.

Isaac Louis Le Maître de Sacy, P. de Champaigne

Isaac Louis Le Maître de Sacy, P. de Champaigne

Photographie

Philippe de Champaigne (1602-1674), Isaac Louis Le Maître de Sacy (1613-1684). 1646 ou 1648. Huile sur toile. 53 cm X 45 cm. Musée national des Granges de Port-Royal. Magny-les-Hameaux, Yvelines.. 

Crédits : Istituto Geografico De Agostini

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Triple Portrait de Richelieu, P. de Champaigne

Triple Portrait de Richelieu, P. de Champaigne

Photographie

Philippe de Champaigne (1602-1674), Triple Portrait de Richelieu, huile sur toile, 1642. National Gallery, Londres. 

Crédits : Bridgeman Images

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Après la mort du cardinal en 1642 puis celle du roi en 1643, qui avait lui aussi largement distingué et soutenu l'artiste (Assomption pour le retable de la paroisse royale de Saint-Germain-l'Auxerrois ; Vœu de Louis XIII pour Notre-Dame de Paris, 1637, musée de Caen), la faveur dont jouit Champaigne à la cour ne se dément pas (travaux pour Anne d'Autriche au Val-de-Grâce et au Palais-Royal). La période qui s'ouvre se caractérise néanmoins par une recherche de plus en plus marquée de gravité et de dépouillement, tant dans les nombreux portraits dont l [...]


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Isaac Louis Le Maître de Sacy, P. de Champaigne

Isaac Louis Le Maître de Sacy, P. de Champaigne
Crédits : Istituto Geografico De Agostini

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Triple Portrait de Richelieu, P. de Champaigne

Triple Portrait de Richelieu, P. de Champaigne
Crédits : Bridgeman Images

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Légende de saint Gervais et saint Protais, P. de Champaigne

Légende de saint Gervais et saint Protais, P. de Champaigne
Crédits : Peter Willi/ Bridgeman Images

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Ex-voto, P. de Champaigne

Ex-voto, P. de Champaigne
Crédits : Giraudon from Art Resource/ EB Inc.

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Robert FOHR, « CHAMPAIGNE PHILIPPE DE - (1602-1674) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 28 mars 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/champaigne-philippe-de-1602-1674/