CHAGALL, LISSITZKY, MALÉVITCH. L'AVANT-GARDE RUSSE À VITEBSK 1918-1922 (exposition)

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Un lieu de rencontres et de croisements

Structuré en sept chapitres thématiques, le parcours de l’exposition n’érige pas Chagall, Malévitch ou Lissitzky en « maîtres », mais montre au contraire comment leur travail était perméable au contexte et à ses aléas, aux rencontres avec les autres enseignants et avec les étudiants.

C’est ainsi que le riche ensemble de toiles et dessins de Chagall révèle des facettes peu attendues de sa pratique. Si on y trouve les motifs connus du couple enlacé et des animaux volants, ou la citation récurrente de l’architecture du centre-ville de Vitebsk, ses projets de décoration urbaine pour les manifestations de rue et autres célébrations publiques entretiennent un dialogue complexe avec la révolution politique. L’enthousiasme révolutionnaire est modéré par l’humour, à l’instar de la figure clownesque d’En avant, en avant (1918) qui vacille dans un grand écart impossible à tenir et d’autant plus drôle que Chagall ne cesse alors de jouer sur l’homonymie entre son nom de famille et le participe passé du verbe « marcher » (chagal), dans un constant va-et-vient entre autodérision et scepticisme à l’égard de la marche proclamée vers l’avenir. D’autres toiles laissent percevoir un dialogue implicite avec les pratiques abstraites de Lissitzky et Malévitch : l’apport du collage comme principe constructif, la présence de formes géométriques dépourvues de toute narration, l’organisation dynamique de certaines compositions (Chaga, 1918 ; Composition à la chèvre, 1917-1920). Documentant sans parti pris les relations entre Malévitch et Chagall jusqu’au départ de celui-ci en juin 1920, l’exposition permet de découvrir des œuvres d’élèves nourris par leurs deux enseignements.

Celles de David Iakerson, en particulier, constituent un sous-ensemble remarquable. Ses esquisses de figures humaines opèrent un croisement entre expressivité du corps (Chagall) et dynamisme de la forme (Malévitch). La séquence de ses Études suprématistes (1920) anime d’un mouvement quasi cinématographique les formes suprématistes qui traversent les quinze aquarelles, une impulsion qu’il tente de traduire aussi en sculpture dans un monument à Karl Liebknecht de 1920.

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Écrit par :

  • : maître de conférences, université Paris-I, conseillère scientifique, Institut national d'histoire de l'art

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Elitza DULGUEROVA, « CHAGALL, LISSITZKY, MALÉVITCH. L'AVANT-GARDE RUSSE À VITEBSK 1918-1922 (exposition) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/chagall-lissitzky-malevitch-l-avant-garde-russe-a-vitebsk-1918-1922-exposition/