CÉSAR (101-44 av. J.-C.)

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Le politique

Les débuts

Caius Julius Caesar (en français Jules César) est né à Rome, sans doute en juillet 101 avant J.-C., d'une famille patricienne qui prétendait descendre de Iulus, fils d'Énée, et par là même de Vénus. Cette famille pourtant n'appartenait pas au cercle des très grandes dynasties ; elle n'apparaît en pleine lumière qu'à la fin du iiie siècle : l'arrière-grand-père de César avait été consul en 157, son père fut seulement préteur vers 91, puis proconsul d'Asie. Son oncle, L. Julius Caesar, fut consul en 90. La grand-mère de César était une Marcia, d'une famille qui prétendait descendre du roi Ancus Marcius ; sa mère était une Aurelia, nièce du grand juriste P. Rutilius Rufus, sœur de deux consuls, démocrates modérés. Sa tante paternelle, Julia, avait épousé Caius Marius, l'homme nouveau, six fois consul, sauveur de Rome et chef du parti populaire. César avait été d'abord marié à une riche héritière de l'ordre équestre, et ses deux sœurs épousèrent également des hommes de la toute petite noblesse ou de l'ordre équestre. Mais pendant la domination de Cinna, chef du parti populaire de 87 à 84, on lui fit épouser Cornelia, la fille de ce dernier.

En danger lors de la dictature syllanienne, César doit quitter Rome : il profite de ses trois ans d'exil pour aller finir ses études en Grèce. Mais il rentre vite en grâce auprès des aristocrates successeurs de Sylla, et grâce à eux est nommé pontife en 74 ou 73. Entre-temps, il s'est déjà fait connaître par quelques faits d'armes durant ses années de service militaire (au siège de Mytilène en 81, en Asie et en Cilicie vers 73-72). En 71, il se fait élire tribun militaire. En 69, sans doute, il est élu questeur, ce qui lui assure un siège au Sénat, et exerce cette fonction en Espagne. Dès son retour, il commence à faire parler de lui, en réclamant le droit de cité complet pour les colonies de Transpadane. Dès lors, il s'allie avec Pompée, soutenant les lois Cornelia, Manilia et Gabinia, qui autorisaient le peuple, et non plus le Sénat, à relever certains individus des règles du cursus (ce dont César profitera lui-même) et qui conféraient à Pompée des commandements extraordinaires, contre les pirates et contre Mithridate. En 66, César est édile curule et, par la splendeur des jeux qu'il offre en s'endettant, il s'attire une grande popularité. Ici prend place l'obscure affaire de la prétendue « première conjuration de Catilina » : les élections de 66 ayant été cassées par les sénateurs conservateurs, on parle d'un complot, destiné à assassiner les consuls, à désigner Crassus dictateur et César maître de la cavalerie, avec peut-être mission d'annexer l'Égypte (Suétone, Vie des douze Césars, 11). Dans la période qui suit la restauration démocratique de 70, œuvre de Pompée, de Crassus et des tribuns populaires – où se mêlent les ambitions et le désir de revanche du personnel alors éliminé, les rancunes des syllaniens, la crise économique due aux guerres d'Orient, l'agitation agraire entretenue par les anciens colons de Sylla généralement ruinés –, les sénateurs modérés, appuyés par la majorité des chevaliers, financiers ou propriétaires des municipes, soutiennent la candidature d'un homme nouveau, que ses talents appellent au premier rôle, Cicéron. César, aristocrate démagogue, qui a donné des gages à tous les partis, à toutes les puissances, va mener un jeu personnel extrêmement habile, proposant les mesures les plus populaires, ne cherchant en fait que l'occasion de pousser sa carrière et d'accéder au pouvoir, sans partage si possible. Crassus, recherchant l'alliance des marianistes, s'allia donc avec César. Ce dernier fut désigné en 64 président d'un tribunal criminel : il en profita pour citer les complices des proscriptions syllaniennes, mais renonça à cette fonction lorsque Catilina fut traduit devant lui.

En juillet 64, Cicéron est élu consul pour 63. Il va avoir à lutter sur tous les fronts, contre la conjuration hétéroclite et subversive de Catilina, contre l'extrême droite du Sénat qui ne lui pardonne pas d'être un homme nouveau, contre les amis de Pompée, enfin contre Crassus et César ; ce dernier, élu préteur, se fait désigner par le parti pompéien comme président d'un jury de haute trahison pour juger un vieillard, C. Rabirius, accusé d'avoir tué les tribuns r [...]

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César, buste en marbre

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-200 à 200 apr. J.-C. La loi romaine

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César en Gaule

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César en Gaule

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Écrit par :

  • : maître de conférences à la faculté des lettres et sciences humaines de Caen
  • : professeur à la faculté des lettres, université Jean-Moulin

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Pour citer l’article

Claude NICOLET, Michel RAMBAUD, « CÉSAR (101-44 av. J.-C.) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 08 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/cesar/