CERVEAU ET ÉMOTION

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Aires cérébrales spécialisées pour les émotions ?

Historiquement, un premier modèle neuro-anatomique proposé par James Papez (1883-1958) postulait que toutes les émotions dépendent de régions cérébrales « primitives », impliquant les fonctions végétatives et endocriniennes de l’hypothalamus et du tronc cérébral, sous le contrôle du cortex cingulaire à la surface médiale des hémisphères (appelé lobe limbique) et de ses connexions.

Régions cérébrales impliquées dans les émotions

Régions cérébrales impliquées dans les émotions

Dessin

Anatomie des aires « limbiques » du cerveau impliquées dans les émotions. Vues en sections coronale, sagittale latérale et sagittale médiale. Les régions sous-corticales incluent : amygdale, striatum, hypothalamus, thalamus, substance grise périaqueductale. Les régions corticales... 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Le modèle « triunique » de Paul McLean (1913-2007) proposait de distinguer trois systèmes apparus progressivement au cours de l’évolution :

– le complexe « reptilien » centré sur des noyaux sous-corticaux (hypothalamus, tronc cérébral, ganglions de la base), responsables de réflexes instinctifs et de comportements primitifs (défense, agression) ;

– le complexe « limbique » regroupant des aires corticales « anciennes » propres aux mammifères (paléomammalien), contrôlant des fonctions motivationnelles et sociales, notamment liées à la reproduction et la parentalité (comprenant hippocampe, amygdale, gyrus cingulaire, mais aussi cortex orbito-frontal et insula) ;

– le complexe « néocortical » localisé dans les régions associatives latérales des hémisphères, propres à l’homme, responsables des capacités de langage et d’abstraction.

Cette division hiérarchique, à l’origine d’une opposition entre circuits primitifs – siège des émotions et des pulsions – et circuits plus évolués – permettant la cognition et la raison –, est dorénavant abandonnée sous cette forme. De fait, certaines structures cérébrales jouent un rôle important dans les émotions, leur fonction n’est pas nécessairement limitée à ce niveau et dépend d’une interaction étroite avec d’autres régions au sein de réseaux distribués. Ainsi, la plupart des processus émotionnels impliquent la participation de différents systèmes corticaux et sous-corticaux : par exemple, la peur ou la colère évoquée par une réprimande implique autant le langage et la [...]


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Pour citer l’article

Patrik VUILLEUMIER, « CERVEAU ET ÉMOTION », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/cerveau-et-emotion/