CÉPHALOPODES

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Anatomie

Les Céphalopodes (de κεϕαλ́η, tête ; πόυς, ποδ́ος, pied) sont organisés sur le plan propre à la classe des Mollusques. Leur corps comprend en premier lieu une masse viscérale, autour d'un tube digestif affecté d'une flexion amenant l'anus en position « ventrale » et proche de la bouche, dans la cavité palléale. Le manteau, qui enveloppe la masse viscérale et délimite la cavité palléale « ventrale », dans laquelle sont situées les branchies (4 ou 2 cténidies), sécrète les diverses parties de la coquille. Le pied musculeux forme, d'une part, l'entonnoir (ou hyponome), par lequel l'eau est éjectée de la cavité palléale, provoquant une nage rapide par réaction chez le Nautile ; ce mécanisme est amplifié par des contractions des muscles palléaux chez les autres Céphalopodes actuels ; le pied constitue, d'autre part, les tentacules (bras), dont le nombre est de 10 (chez les Décapodes : Seiches, Calmars et Spirules) ou 8 (chez les Octopodes), ou encore 94 (chez le Nautile actuel). Les tentacules des Octopodes et des Décapodes portent des ventouses qui complètent leur rôle préhenseur ; ceux de nombreux Décapodes, des crochets cornés ; ceux des Nautiles, des cirres. Ces tentacules, parfois reliés entre eux par une membrane, servent alors à la natation, comme chez Cirrathauma, Octopode de mer profonde.

Spirula

Dessin : Spirula

Spirula (simplifié d'après Mutvei, 1964) 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Nautilus

Dessin : Nautilus

Nautilus (modifié d'après Griffin, 1990 - Mutvei, 1964) 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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La captation de la nourriture est finalement réalisée par la bouche, munie d'un bec corné et d'une radula pharyngienne de type assez primitif. La digestion s'opère lentement (de 18 à 24 heures) dans un cæcum intestinal aveugle. Les matières excrétées sont de l'ammoniac et de l'acide urique.

Les pigments respiratoires sont des cytochromes dans les tissus, de l'hémocyanine (à base de cuivre) dans le sang. Les muscles ne contiennent pas de myoglobine. Ces pigments transportent peu d'oxygène et ne sont pas fixés sur des hématies.

Le système nerveux et sensoriel des Décapodes et Octopodes comporte un cerveau très développé, dont on a pu étudier les localisations. Ce cerveau est protégé par un « crâne » composé d'une substance comparable au cartilage. Les axones amyéliniques du Calmar, qui commandent la contraction de l'entonnoir, sont d'une dimension inhabituelle (leur diamètre atteint près de 1 mm) ; ils constituent un matériel intéressant pour la neurologie comparée. L'œil, très petit chez le Nautile, offre, chez la Pieuvre, une disposition qui rappelle celle des Vertébrés : rétine comptant environ 50 000 cellules par mm2 (105 000 dans la meilleure partie) contre 65 000 dans la fovéa humaine, croisement dorso-ventral des nerfs, cristallin, muscle ciliaire et musculature externe, diaphragme (iris), cornée. Tous ces éléments expliquent que les Céphalopodes soient capables d'apprendre et de se prêter à des tests. Une osphradie, organe sensoriel chimiorécepteur et tactile, existe dans la cavité palléale du Nautile comme chez les autres Mollusques.

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Spirula

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Pour citer l’article

Henri TERMIER, Geneviève TERMIER, « CÉPHALOPODES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/cephalopodes/