CÉLESTINS

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Membres d'un ordre religieux qui est issu des Ermites de Saint-Damien, ou frères de l'Esprit saint (du nom de l'abbaye du Saint-Esprit, à Sulmona dans les Abruzzes). Ceux-ci formaient depuis plus d'un quart de siècle une branche érémitique de la famille monastique bénédictine lorsque Pierre de Morrone, un des animateurs du mouvement, devint pape sous le nom de Célestin V (1294). Le nom de Célestins fut bientôt donné aux membres de l'ordre, qui comptait alors, sous la juridiction de l'abbaye de Sulmona, une vingtaine de prieurés. Après une première autorisation accordée en 1263 par le pape Urbain IV, l'ordre avait été officiellement approuvé en 1274 par Grégoire X, en dépit de la récente réaction du concile général de Lyon contre la multiplication des formes nouvelles de vie religieuse. Célestin V en approuva les Constitutions (27 sept. 1294), dont l'élément le plus caractéristique était peut-être la durée limitée (trois ans, renouvelables) de la charge d'abbé général.

Les Célestins se développèrent principalement en Italie, où ils se maintinrent jusqu'à l'occupation napoléonienne (1807-1810). Philippe le Bel, pour qui exalter Célestin V était amoindrir le prestige de Boniface VIII, les appela en France dès 1300 ; les premiers prieurés s'établirent dans les forêts d'Orléans et de Compiègne. La fondation, en 1352, d'un monastère à Paris — grâce aux libéralités d'un bourgeois, Marcel Garnier, et du dauphin Charles —, puis l'entrée chez les Célestins du précepteur du dauphin, Philippe de Maizières, furent comme le signe de l'essor de l'ordre en France. Bientôt, à la faveur du Grand Schisme, les monastères français, au nombre d'une dizaine, obtinrent leur autonomie par rapport à la juridiction italienne.

S'étant assez difficilement redressé au xviie siècle (avec la réforme de dom Claude Champigny, en 1615, et l'adoption de nouvelles constitutions, en 1667), après les secousses et les ruines des deux siècles précédents, l'ordre n'avait plus assez de vitalité au xviiie siècle pour résister aux pressions de la Commission des réguliers. Il ne comptait guère plus de cent soixante-dix profès quand tout recrutement lui fut interdit, en 1770. La Révolution acheva sa ruine.

On ne doit pas confondre les Célestins avec les Pauvres Ermites du pape Célestin, spirituels franciscains qui furent autorisés par Célestin V en 1294 et supprimés par Boniface VIII en 1295.

—  André DUVAL

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André DUVAL, « CÉLESTINS », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 juillet 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/celestins/