PRICE CEDRIC (1934-2003)

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L'architecte anglais Cedric Price est né en 1934 dans le Staffordshire et mort à Londres en 2003. Fils aîné de l'architecte A. J. Price, il est l'élève de John Penn au St. John's College de Cambridge (1952-1955), puis du théoricien d'origine autrichienne Arthur Korn, à l'Architectural Association de Londres (1955-1957). Il fait ses débuts chez Erno Goldfinger, puis dans l'agence Fry, Drew & Partners, avant de fonder sa propre agence en 1960. Sa première réalisation est la Snowdon Aviary (1961-1962), volière pour le zoo de Londres, conçue avec lord Snowdon et l'ingénieur Frank Newby. En bordure du canal de Regent's Park, cette structure tridimensionnelle faite de haubans précontraints, qui permet d'importants porte-à-faux, s'inspire en partie des recherches de l'ingénieur américain Richard Buckminster Fuller.

Dans le même temps, Price formule son projet le plus célèbre, qui lui vaudra une reconnaissance internationale : le Fun Palace (première version en 1961, remaniée jusqu'en 1974), qu'il imagine implanté sur le site de la Lea River à Londres. Au sein d'une structure à la fois immense et minimale, il propose un centre de loisirs dont l'architecture n'est pas déterminée à l'avance – elle ne doit d'ailleurs pas durer plus de vingt ans. Le véritable architecte de cet ensemble est le public lui-même, qui, selon ses désirs, aménage l'espace à partir de quelques éléments préfabriqués. Cette architecture ouverte, éphémère, qui ambitionne également d'abolir la distinction entre temps du travail et temps des loisirs, est l'une des contributions les plus significatives au renouveau culturel en Angleterre après guerre. Qui plus est, elle préfigure à plus d'un titre le Centre Georges-Pompidou à Paris, conçu en 1972 par Richard Rogers et Renzo Piano. L'Inter-Action Centre à Londres (1971), grand hangar accueillant ateliers, studios ou salles de réunion, matérialisera l'intention du Fun Palace, notamment par son caractère délibérément anti-esthétique.

Avec le projet intitulé Potteries Thinkbelt (1964), Cedric Price confirme son ambition de renouveler les termes de la conception architecturale et urbaine, mais aussi de la vie en société, et plus particulièrement de l'éducation. Sur la ligne de chemin de fer desservant une région industrielle à l'est de Londres, l'architecte organise une université mobile, dont les classes et les laboratoires se déplacent sur des rails, reliés aux logements comme aux usines, ainsi qu'à un ordinateur central. À plusieurs reprises, Price fera appel à l'informatique dans ses projets ; après avoir construit le B.T.D.B. Computer Centre (Middlesex, 1971), il conçoit ainsi Generator (Floride, 1976), ensemble de bâtiments « intelligents », capables de répondre aux désirs de leurs occupants.

Les recherches de Cedric Price sur l'espace domestique, qui, selon lui, ne se résume pas à une formule type prédéfinie, ont pu prendre forme dans son Game-Keeper's Cottage (Cheshire) dès 1961, mais elles demeureront le plus souvent à l'état de projets. Dans chacun de ces derniers, comme dans ses conceptions à plus grande échelle (transformation du paquebot Queen Mary en musée à Liverpool, ou de la centrale électrique de Battersea pour la Tate Gallery en 1984 – c'est finalement celle de Bankside qui sera utilisée, par Jacques Herzog et Pierre de Meuron) –, Price intègre le temps – compris comme mouvement –, qu'il assimile à une quatrième dimension de l'architecture. D'où son indifférence à la pérennité des bâtiments, et surtout des espaces – la récurrence de l'image de la grue dans ses dessins peut symboliser cette vision ; d'où aussi son refus de construire à tout prix. Le projet ne doit pas, à ses yeux, répondre à des besoins contemporains, mais anticiper des pratiques à venir. Ce que certains verront comme une impasse ou comme une illusion, Price tente de le circonscrire dans ce qu'il nomme l'« équation du temps ». C'est autour de cette notion qu'il a conçu, en 1999, l'exposition De tout temps au Centre canadien d'architecture de Montréal. Ses dessins ont également été présentés à Paris, au Centre Georges-Pompidou lors de l'exposition Les Années pop (2001) et au musée d'Art moderne de la Ville de Paris pour la XXIXe

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Simon TEXIER, « PRICE CEDRIC - (1934-2003) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/cedric-price/