CATULLE (82-52 av. J.-C.)

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La critique et ses divergences

Popularité de Catulle

En dehors de certaines périodes médiévales qui semblent n'avoir pas eu connaissance de son œuvre, en dehors aussi de nos xviie et xviiie siècles, rebutés en général par ses « ordures » ou par son « pédantisme », la gloire de Catulle n'a guère connu d'éclipse : pas même auprès des diverses écoles poétiques du xixe siècle, qui s'accordaient à juger la littérature latine inférieure à la grecque.

Favori de notre temps, Catulle n'exerce pas seulement la sagacité des érudits. Il faut aussi noter sa survie dans les mouvements poétiques, musicaux et chorégraphiques : Ezra Pound, Carl Orff, W. Fortner, A. Gürsching, Franz Tischauser, G. Wand.

Exégèses incompatibles

Toutefois, dans la critique savante du xxe siècle, la physionomie du Véronais apparaît sous les traits les plus contradictoires. Selon l'image que nous dessinent de sa personnalité tels ou tels travaux, le lecteur se représentera Catulle comme un agnostique ou, au contraire, un mystique, comme un épicurien apolitique ou, au contraire, un partisan très « engagé » ; il le trouvera plein de scrupules et de délicatesse, ou d'un cynisme éhonté ; il verra dans sa poésie une création instinctive et spontanée ou, à l'opposite, la mise en œuvre très préméditée de la mathématique du nombre d'or !

Les divergences, il est vrai, ne sont pas moins aiguës en ce qui concerne son contemporain Lucrèce, lequel avait pourtant pris soin de prévenir tout malentendu sur ses desseins.

Reposant sur des anachronismes ou sur une sollicitation du texte catullien, toutes ces exégèses trop dogmatiques ont suscité de pertinentes réfutations. Une critique scientifique digne de ce nom n'a garde d'oublier que l'auteur le plus personnel ne saurait échapper complètement à l'emprise de son milieu et de son époque, ni que le lyrisme léger n'a jamais fait bon ménage avec l'hermétisme ou l'ésotérisme.

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Écrit par :

  • : agrégé de grammaire, docteur ès lettres, professeur émérite à l'université de Nice

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Les Poésies de Catulle, c'est-à-dire le Liber Valerii Catulli , est un recueil dû à Gaïus Valerius Catullus (82-52 av. J.-C.), comprenant cent seize pièces, ordonnées à la fois selon leur genre et leur structure métrique : au début et à la fin des poèmes plus courts, des sujets légers, le corps du texte étant formé d'œuvres savantes et plus développées. […] Lire la suite

Pour citer l’article

Jean GRANAROLO, « CATULLE (82-52 av. J.-C.) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 04 février 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/catulle/